Pour une lutte mondiale contre le sida à la hauteur des enjeux!
Quarante millions de personnes dans le monde sont séropositives. En 2005, plus de 3 millions de personnes sont mortes du sida, dont 570 000 enfants. L’Afrique est en état d’urgence, avec 25,8 millions de séropositifs et 2,4 millions de morts. Six millions de personnes séropositives sont aujourd’hui dans un état de santé qui nécessite une mise sous antirétroviraux immédiate. Or, seuls 7 à 12 % d’entre elles ont accès à ces médicaments.
De nombreuses personnes doivent modifier leur régime thérapeutique parce que leur virus devient résistant au traitement. Mais plus les traitements sont récents, plus ils sont chers : entre 1 200 et 2 000 $US par patient et par an. Plus de 4,5 milliards de personnes vivant avec un revenu annuel compris entre 200 et 1 200 $US, les traitements vitaux restent absolument hors de portée de la plupart des malades des pays en développement. Ce qui est valable pour les antirétroviraux l’est aussi pour les médicaments contre les affections opportunistes, les traitements d’autres pathologies et les examens biologiques.
Les moyens nécessaires pour financer la lutte mondiale contre le sida ont été insuffisamment mobilisés. L’ONUSIDA estime que le coût d’une lutte mondiale efficace contre la pandémie s’élève à 22 milliards de dollars par an dès 2008. En 2005, il manquait encore un tiers des sommes promises. La France, qui privilégie l’aide multilatérale, est le deuxième financeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, après les Etats-Unis. La France a été à l’initiative de la taxe sur le transport aérien visant à financer la lutte contre les trois pandémies et à l’origine de la création de la facilité internationale d’achat de médicaments UNITAID.
Toutefois, ces contributions se font au détriment de l’aide bilatérale, destinée au renforcement des systèmes de santé au Sud. Seuls le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède dépassent l'objectif de 0,7 % du RNB préconisé par les Nations Unies pour l'Aide Publique au Développement (APD). La France s’est engagée à atteindre cet objectif avant 2012, avec un montant intermédiaire de 0,5 % en 2007. La France n’a, en moyenne, consacré que 4 % de son APD au secteur de la santé, contre 11 % pour les pays du Comité d’aide au développement de l’OCDE.
Revendications
Une augmentation du volume financier global destiné à la lutte contre le sida, avec une place prépondérante pour le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Le maintien de la taxe sur les billets d’avion pour financer la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Une augmentation des volumes d’Aide publique au développement consacrés à la santé.







