Pour une vraie politique de réduction des risques en prison!
Menée depuis les années 80 en milieu libre, la politique de réduction des risques (accès libre et effectif au matériel stérile, accès large aux traitements de substitution, accès aux soins) a fait ses preuves. Elle a montré son efficacité non seulement sur la prévention de la transmission du sida et des hépatites, mais aussi sur la consommation de drogues et ses conséquences sociales (baisse des overdoses, baisse de la délinquance, meilleur accès au système de soins et de désintoxication).
Les usagers de drogues représentent 30 % de la population carcérale. La prévalence du VIH/sida est quatre à six fois supérieure en prison qu’en milieu libre, celle de l’hépatite C dix fois supérieure. Pourtant, l’accès au matériel de réduction des risques reste interdit en prison. Aucun programme d’échange des seringues (PES), susceptible d’éviter des contaminations par les virus du sida et des hépatites, n’a été mis en place dans les prisons françaises. Les PES expérimentés dans les prisons en Allemagne, en Espagne, au Luxembourg et en Suisse n’ont pas entraîné de recrudescence de la toxicomanie, ni provoqué d’incident de sécurité lié à la détention de seringues. Des projets de mise en place de PES en prison sont en cours en Ecosse et au Portugal.







