fresque de la patinoire de l'Hôtel de Ville de Paris
dans le cadre de notre campagne "Paroles de séropositif(ve)s", une fresque a été réalisée à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris. Elle sera exposée jusqu'au 27 février 2007.
Daniel Hérard / ©Daniel Hérard
Fresque contre les discriminations 1
"Paroles de séropositif(ve)s", Marseille ©AIDESC'est le sida qu'il faut exclure
C'est le sida qu'il faut exclure, pas les séropositifs !
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La dicibilité



La dicibilité : pouvoir dire, pouvoir être entendu. Se sentir capable de dire, s’autoriser à dire, trouver les mots pour dire, et être certain que les autres accepteront, qu’ils sauront entendre.




En choisissant “la dicibilité”, ce mot complexe, pour qualifier un des axes stratégiques 2005 - 2007, l’association propose une réflexion profonde sur la difficulté de dire ou d’évoquer sa séropositivité.

Sexuellement transmissible, le sida touche l’intime, la relation à la sexualité, au couple. Ill se heurte ainsi aux plus anciens tabous de nos sociétés. De plus, apparu dans les milieux homosexuels au début des années 80, il va vite, comme chacun sait, se propager chez les consommateurs de drogues et les travailleurs du sexe. Pour certains français, il deviendra le symbole de la décadence, de la perte de valeurs, une punition.

Malheureusement, ces représentations erronées habitent encore trop d’esprits, empêchant souvent les personnes touchées de réussir à passer le cap du dire. Pourtant, ne pas dire, voire ne pas vouloir savoir, par crainte des autres, c’est laisser le virus progresser sans le combattre. Il y a danger pour la personne. Danger, également pour le, la ou les partenaire(s).

En contact quotidien avec les personnes concernées, AIDES connaît bien cette pression insupportable qui pèse sur elles, au sein du couple, dans la famille, au travail, avec les amis.

Pour les soutenir, l’association développe les espaces où “le dire” est envisagé - groupes de parole, soutien individuel - afin de permettre à chacun de construire ses propres stratégies pour parler à son entourage et maîtriser sa crainte face aux conséquences éventuelles. Mais cela n’est en aucun cas suffisant, car la responsabilité ne saurait porter sur les seules personnes contaminées, la société dans son ensemble doit apprendre à rendre “le dire” possible.

L’association a donc engagé depuis 2005 un travail de communication auprès du grand public. Ces campagnes d’information et de sensibilisation ont pris une dimension encore plus forte en 2006 et se poursuivront en 2007.

Une première campagne "Paroles de séropositif(ve)s" a été lancée dès 2005. Trois visuels, associés à des textes témoignant de la difficulté de vivre avec le VIH/sida aujourd’hui, ont été réalisés par notre agence TBWA/Paris. Ils ont été diffusés dans la presse et ont obtenu le Lion de bronze au Festival international de la publicité à Cannes en juin dernier. Cette campagne est également déclinée en grandes fresques murales peintes par les meilleurs graphistes urbains au cœur des grandes villes françaises pour interpeller en proximité un public très large. Deux fresque ont été déjà été réalisées à Paris et Marseille. D’autres seront inaugurées le 1er décembre 2006 à Angers, Angoulême, Bordeaux, Marseille, Paris, Poitiers et Saint Nazaire. Deux autres sont en cours de réalisation à Nantes et Strasbourg.

Grâce au travail de l’agence TBWA\Paris et à l’engagement de Johnny Hallyday, Didier Drogba, Jean-Pierre Foucault, Claire Chazal, Muriel Robin, Laurent Ruquier et Sébastien Cauet, AIDES a lancé le 24 octobre dernier la campagne « C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs ». Affichée dans les grandes villes de France et sur le réseau Decaux, cette campagne est également diffusée dans la presse ainsi qu’en cartes postales et affichettes distribuées dans notre réseau. Cette nouvelle campagne de sensibilisation porte un message de solidarité envers les personnes séropositives et de questionnement pour chacun quant à son respect de l’autre.