Le VIH/sida en chiffres

Depuis l'identification du VIH, le sida a fait plus de 20 millions de victimes. Chaque année, on dénombre près de 3 millions de nouvelles contaminations. Pourtant, le taux annuel de nouvelles infections a chuté de 21% entre 1997 et 2010, selon l’Onusida, le programme communs des Nations Unies sur le VIH. Paradoxalement, le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida n’a jamais été aussi important, principalement en raison d’un meilleur accès aux traitements.

Dans le monde en 2011 :
• Personnes vivant avec le VIH : 34 millions
• Nouvelles contaminations : 2,5 millions
• Décès dus au sida : 1,7 million

Selon l'Onusida, nous n’avons jamais été aussi prêts de la fin de l’épidémie à court terme : « la science, l’appui politique et la riposte communautaire commencent à produire des résultats certains et tangibles ». Le bénéfice de l’amélioration de l'accès aux traitements, qui concerne désormais plus de 8 millions de personnes dans le monde, est cependant tempéré par la progression de l’épidémie dans certaines zones. Ainsi, en Europe de l’Est en en Asie centrale, le nombre de personnes vivant avec le VIH a augmenté de 250% entre 2001 et 2010. Tandis qu’au Botswana (Afrique), l'accès aux traitements de 80 % des patients a permis de réduire de deux tiers les nouvelles infections par rapport à la fin des années 90…

 

  


L’Onusida appelle à une stratégie plus forte basée sur six axes pour endiguer l’épidémie.
  • Des interventions ciblées à l'intention des populations les plus vulnérables (en particulier les professionnel(le)s du sexe et leurs clients, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et les personnes qui s'injectent des drogues) ;
  • La prévention des nouvelles infections VIH de la mère à l'enfant ;
  • Des programmes sur les changements de comportement ;
  • La promotion et la distribution de préservatifs ;
  • Le traitement, les soins et l'aide aux personnes vivant avec le VIH ;
  • Et la circoncision masculine volontaire dans les pays où la prévalence du VIH est élevée et les taux de circoncision sont faibles.

 

Pour parvenir à cet objectif en 2015, il est crucial de maintenir les investissements car ce sont encore 7 millions de personnes qui n’ont pas accès aux traitements. Or, selon l’Onusida, l’aide internationale est passée de 8,7 milliards de dollars en 2009 à 7,6 milliards en 2010.

Avec un objectif affiché par les Etats membres d’au moins 22 à 24 milliards de dollars US pour la lutte mondiale contre le VIH par an d’ici 2014, l’Onusida appelle à des investissements plus stratégiques et maintenus. 

 

L’ÉPIDÉMIE EN FRANCE - DONNÉES INVS POUR 2011
 
Selon les chiffres de l’Institut national de veille sanitaire, environ 6 100 découvertes de séropositivité ont été relevées en 2011. Le nombre de découvertes est stable depuis 2008, alors qu’il avait diminué significativement entre 2004 et 2007.
 
 
Données VIH INVS 2012
 
 
Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH)
 
En 2011, 2 400 hommes gays et bisexuels ont découvert leur séropositivité, ce qui représente 40% de l’ensemble des découvertes. Il s’agit de la seule population dans laquelle le nombre de découvertes a régulièrement augmenté après 2003 avec une stabilisation toutefois depuis quelques années. Ces hommes sont le plus souvent diagnostiqués suite à une prise de risque. Ils sont âgés de 37 ans en moyenne, mais la part de ceux de moins de 25 ans augmente également depuis 2003.
 
La transmission des IST est également importante chez les hommes gays et bisexuels. Ces derniers représentaient par exemple plus des trois-quarts des diagnostics de syphilis (83%) en 2010. Le nombre de diagnostics d’infections à gonocoque a augmenté de plus de 50% entre 2008 et 2010 au sein de ce même public.
 
 
Données VIH INVS 2012

  

Les personnes infectées par rapports hétérosexuels

En 2011, 3 500 personnes infectées par rapports hétérosexuels ont découvert leur séropositivité, représentant 58% de l’ensemble des découvertes. Les personnes nées à l’étranger représentent la majorité de ces découvertes (2 400 en 2011). Il s’agit essentiellement de personnes nées en Afrique subsaharienne (76%) et de femmes (60%). Le nombre total d'infections à VIH lors de rapports hétérosexuels a tendance à diminuer depuis 2007, y compris chez les personnes nées à l'étranger.
 
 
Retard au dépistage, diagnostics tardifs et conséquences
 
L'âge moyen des nouveaux diagnostics, qui mélange les découvertes tardives et les infections récentes, était en 2010 de 37,9 ans.
 
Encore 15% des personnes découvrent leur séropositivité au stade sida, plus d’une personne sur 4 la découvre à moins de 200 CD4. Alors qu’il est recommandé de commencer le traitement en dessous de 500 CD4, et qu’un dépistage aussi tardif est très préjudiciable à la santé des personnes... Conséquences : deux autres chiffres ne diminuent plus. Celui des cas de sida, 1 500 chaque année depuis 2007. Et celui des décès liés au sida, 300 chaque année depuis 2007.
 
Si les gays sont dépistés de façon plus précoce que les autres (50% à plus de 500 CD4), la part de personnes découvrant leur séropositivité en primo-infection reste trop faible. Cette part de découverte en primo-infection a augmenté jusqu’en 2007, mais stagne à 20% depuis.
 
Pendant les semaines qui suivent l’infection, la quantité de virus produit est très importante (avec souvent des charges virales de 100 000 voire 1 million de copies/ml). Ignorer son statut empêche d’adapter ses stratégies de prévention. Beaucoup de chercheurs estiment que cette courte période serait à l’origine de la moitié des nouvelles infections.
 
Pour le docteur François Dabis de l’université de Bordeaux, qui signe l’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire présentant ces données, il est urgent de placer la réduction des nouvelles infections au programme : «  Mieux que le simple contrôle sans objectif précis, et plus réaliste que l’éradication du VIH-sida qui n’est pas aujourd’hui possible, l’élimination des nouvelles contaminations VIH est un engagement à prendre de toute urgence en France. La réduction de 80 à 90% des nouvelles infections, probablement atteignable en cinq ans, devrait figurer dans la rubrique « Santé » de tous les programmes électoraux qui nous seront prochainement proposés. »
 
   
Source Institut de Veille Sanitaire (InVS). Retrouvez ici l'ensemble des informations concernant les données 2011 VIH et sida.

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