Vendredi 11 août, la ministre du Budget Valérie Pécresse réaffirmait à propos de la taxe sur les transactions financières : « il ne faut pas renoncer à en affecter une partie à l'aide au développement (…), les objectifs de court terme ne doivent pas nous faire oublier que nous avons aussi une responsabilité vis-à-vis du monde ». AIDES et Coalition PLUS saluent ces déclarations d’intention, mais dénoncent une stratégie attentiste et mensongère : nul besoin d’un consensus européen pour taxer la spéculation. La Grande-Bretagne le fait de façon unilatérale depuis plus de 25 ans. La France et l’Allemagne peuvent la mettre en place dès aujourd’hui. Pourquoi attendre ?
« Rassurer les marchés » au détriment du monde en développement ?
Alors que s’ouvre aujourd’hui 16 août le sommet franco-allemand voué à « rassurer les marchés », AIDES et Coalition PLUS regrettent que M. Sarkozy et Mme Merkel continuent de jouer la montre concernant la mise en place de cette TTF. Car si les conséquences de la fièvre spéculative n’épargnent personne, les pays en développement en subissent les effets les plus dévastateurs. Parallèlement, l’aide au développement se tarit de toutes parts. Dans le champ de la lutte contre le sida, de nombreux pays donateurs (Etats-Unis, Allemagne, Espagne…) ne respectent plus leurs engagements, comme le montre le rapport publié aujourd’hui par ONUSIDA et la fondation Kaiser (1). Dans de telles circonstances, la mise en place d’une TTF unilatérale en France ou en Allemagne est une priorité absolue. Elle permettrait d’injecter un début de justice dans la dérégulation tous azimuts des marchés, en levant plusieurs milliards d’euros en faveur des grandes urgences mondiales.
Nos associations dénoncent la stratégie politique franco-allemande, qui consiste à attendre un (très) hypothétique consensus européen pour instaurer la taxe.
Une TTF unilatérale c’est possible, ici et maintenant ! D’autres pays, comme la Suisse, l’Inde ou la Grande-Bretagne l’ont déjà fait. La Grande-Bretagne taxe les transactions à 0,5% depuis plus de 25 ans et n’a pas attendu un quelconque consensus européen. Londres lève ainsi plus de 4 milliards d’euros par an, sans même toucher aux produits dérivés. La place boursière britannique s’en trouve-t-elle pour autant désertée ?
« En affirmant qu'il est impossible à un pays de l'Union européenne d’avancer seul sur la question de la TTF, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel jouent la montre et mentent à l’opinion publique, pourtant largement favorable à la taxation des spéculateurs. Le coût humain de cet attentisme est considérable. Les pays les plus pauvres, en première ligne face à la dérégulation financière, s’enfoncent chaque année un peu plus et ne peuvent plus se permettre d’attendre », déclare Bruno Spire, président de AIDES. « Dans le champ du sida, seul un investissement massif dès aujourd’hui permettra de venir à bout de l’épidémie. Plus on attend, plus le coût humain et financier sera élevé. Cette taxe, c’est maintenant qu’il faut la mettre en place ! », ajoute Emmanuel Trenado, secrétaire permanent de la Coalition PLUS.
AIDES et la coalition PLUS appellent les gouvernements franco-allemands à faire preuve de responsabilité et à mettre en place au plus vite une taxe anti-spéculative, sans attendre un consensus européen.