Selon la définition académique, le plaidoyer est la défense d’une cause ou d’une personne par un travail d’influence. AIDES et tous ses militants font souvent du plaidoyer sans le savoir.
Ils défendent une cause : la lutte contre le sida. Ils défendent une personne : celle touchée par le VIH/sida ou vulnérable.
Le fameux « malade réformateur social » de Daniel Defert, s’impose comme une déclinaison « aidienne » du plaidoyer. Daniel Defert a voulu, avant tout, créer une association active sur le plaidoyer pour amener la société à s’adapter aux exigences des malades et non l’inverse. Il formule ainsi la fin de la lettre consacrant la création de AIDES : «… je propose un lieu de réflexion, de solidarité, et de transformation, voulons-nous le créer ? ».
L’épidémie du sida, les acteurs de la lutte contre le sida et, en 1ère ligne, les militants de AIDES ont contribué, dès les années 80, à changer le rapport médecin / patient. Le malade peut désormais envisager de négocier avec son médecin sa prise en charge ; les malades se sont peu à peu imposés dans l’exécutif des institutions sanitaires.
Le « malade réformateur social » et la mobilisation politique sont au cœur de l’action de AIDES. Aujourd’hui encore, les combats à mener sont rudes et nombreux.
Parallèlement, à l’échelon associatif, AIDES et quatre autres associations de lutte contre le sida ont été à l’origine du TRT-5 en 1992. Ce collectif a apporté une contribution décisive à la défense des intérêts, droits et besoins des malades en terme de recherche, d’éthique et de progrès thérapeutiques : accès au traitements, ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation), lutte contre l’échec thérapeutique et les effets indésirables...
Ainsi, dans la loi du 4 mars 2002 (les droits des malades et la qualité du système de santé), ce processus de mobilisation des personnes a consolidé la reconnaissance de droits individuels (accès à son dossier médical) et de droits collectifs (représentation des malades au sein des instances de santé).
Aujourd’hui, les combats à mener sont encore rudes et nombreux. Les associations de malades, dont AIDES, se sont alliées pour galvaniser une recherche scientifique spécifique. Par exemple COM’TEST, projet de dépistage communautaire.
AIDES est bien un vecteur de progrès social. Souvent ses actions devancent le cadre législatif contemporain. Ainsi, au milieu des années 80, des militants de AIDES ont commencé a distribué des seringues propres. Cette initiative, alors illégale, a convaincu l’Etat. Le PACS ou la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) sont d’autres exemples concrets de plaidoyer ayant permis d’améliorer la vie des séropositifs.
L’aura de AIDES dans le monde, acteur majeur de la lutte contre le sida, a été capitale pour conduire les associations à participer au conseil d’administration du Fonds mondial. AIDES a, en effet, vice-présidé le Fonds mondial durant 2 ans avec Hélène Rossert, alors directrice générale.
Les cas concrets de plaidoyer évoqués ici ne sont que des exemples d’actions de plaidoyer que nous avons pu mener jusqu’à aujourd’hui. Il reste encore beaucoup à faire. C’est grâce aux actions de terrain et à la force de notre mouvement que nous pouvons, aujourd’hui, faire entendre nos revendications à l’échelon national et à l’échelle internationale.