Au G20 de Cannes, Miss Promesses fait son festival

Lutte contre le sida et désengagement des pays riches

03 November 2011

L’accès universel aux traitements anti sida était promis pour 2010.
Un an plus tard, la promesse se chiffre en millions de morts.
Miss Promesses s’invite au G20 pour dénoncer l’impact des engagements non tenus
.
 
Souvenez-vous l’été dernier : elle avait fait sensation à Deauville (1). Elue Miss Promesses du G8 devant des centaines de journalistes, elle avait déclaré : « les promesses non tenues sont des promesses qui tuent ». Alors que les plus riches nations du monde se réunissent à Cannes pour un nouveau sommet de bonnes intentions, Miss Promesses a encore frappé ! Après avoir assuré le show ce matin dans le centre de Nice, elle a déboulé avec la même fantaisie baroque un peu plus tard au cœur du G20 à Cannes.
 
Une promesse au goût amer. En 2005, le G8 s’y était engagé : « en 2010, tous les séropositifs auront accès aux traitements ». Avec en filigrane cet espoir historique : mettre fin au sida en 30 ans. Nous sommes fin 2011 et deux malades sur trois ne sont toujours pas pris en charge. Chaque jour le sida fait 7000 victimes supplémentaires. 7000 morts qui pourraient être évitées. Pour cette seule année 2011, la promesse brisée aura coûté la vie à plus de deux millions de personnes.
 
La fin de l’épidémie : un investissement sur l’avenir. Toutes les études le démontrent : un accès aux traitements partout et pour tous permettrait d’en finir définitivement avec le sida .Une récente étude (3) parue dans The Lancet montre que cet objectif est même la meilleure stratégie économique à long terme : pour 22 milliards de dollars d’investissements annuels jusqu’en 2020, les vies sauvées et les contaminations évitées garantiraient chaque année près de 30 milliards de dollars de ressources supplémentaires aux pays en développement. En ces temps de crise, voilà un argument sonnant et trébuchant que les pays du G20 devraient être en mesure d’entendre.
 
Des promesses, toujours des promesses ? En juin dernier à l’ONU, la communauté internationale a  fait une nouvelle promesse : mettre 15 millions de malades sous traitement d’ici 2015. Mais Miss Promesses n’est pas dupe, les belles paroles ne suffisent plus. L’aide mondiale anti-sida se tarit de toutes parts, il faut maintenant des actes forts, une volonté politique claire, des décisions fermes et rapides. Les pays du G20 doivent assumer leurs responsabilités et augmenter leur contribution au Fonds mondial. Voilà des mois que AIDES propose des solutions pérennes pour dégager de nouvelles ressources, comme la taxe sur les transactions financières ou un meilleur accès aux médicaments génériques pour les pays pauvres.
 
Mise en place au niveau du G20, la taxe sur les transactions financières lèverait 260 milliards de dollars de recettes. 10% de cette taxe suffirait à mettre un terme à l’épidémie de sida en garantissant un traitement à tous les séropositifs de la planète. Cette taxe sauverait des millions de vies.
 
La fin du sida ne se promet pas, elle doit se décréter ici et maintenant :
Leaders du G20, assez de paroles : nous voulons des actes !

(1) Souvenez-vous l’été dernier
(2)  www.thelancet.com   Published online June 3, 2011   DOI:10.1016/S0140-6736(11)60702-2







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