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    2017, une année de lutte

    • Actualité

    Accessibilité pour tous-tes du traitement contre l’hépatite C, levée de l’interdiction de soins funéraires pour les personnes séropositives ou encore arrivée des génériques du Truvada, en 2017, la mobilisation des militants-es de AIDES a une fois de plus porté ses fruits et permis des avancées considérables dans la lutte contre le sida et les hépatites. Pour autant, l’année s’est terminée avec plusieurs signaux inquiétants de la part du gouvernement, qui continue de durcir sa politique répressive à l’égard des personnes migrantes et se désengage massivement de la solidarité internationale face aux épidémies. Le combat continue en 2018 !

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    Janvier

    La campagne « Révélation » attaquée

    Un début fracassant, puisque le premier moment marquant de l’année est l’apparition de tags à répétition sur la vitrine du local AIDES à Laval, suivi quelques jours plus tard par le bris de la vitrine du local de l’association à Nantes. À chaque fois, ce sont les posters de la campagne « Révélation » qui sont visés. Des couples de tous genres qui portent un message d’acceptation des personnes séropositives, apparemment, ça ne passe pas. Tellement pas qu’AIDES apprend quelques jours plus tard que cette campagne est la cible d’une autre attaque, en justice cette fois. Le procureur de Laval a en effet jugé recevables trois plaintes visant la campagne et dénonçant la "diffusion d'un message violent ou pornographique". La justice donnera raison à AIDES le mois suivant. Les affiches ne sont ni violentes ni pornographiques.

    Hépatite C : mobilisation pour l’accès au traitement pour tous-tes !

    Face au prix exorbitant des traitements innovants contre l’hépatite C (VHC), l’Etat a mis en place de manière inédite en 2014 un accès rationné aux traitements contre ce virus. L’Etat a ainsi pris le double risque de laisser l’état de santé de certaines personnes vivant avec le VHC se dégrader et de voir progresser de nouvelles contaminations. Début 2017, l’arrivée sur le marché d’une nouvelle molécule pourrait permettre d’avancer vers l’accès universel, et donc d’en finir avec l’épidémie de VHC. AIDES, aux côtés d’autres associations et personnes concernées, exige que le gouvernement se donne les moyens de faire baisser les prix de l’ensemble des molécules pour rendre possible l’accès universel.

    Le candidat Fillon en veut à l’AME

    François Fillon, alors candidat à la présidentielle, déclare son intention de supprimer l’Aide médicale d’état (AME). Ce dispositif d’accès aux soins destiné aux personnes étrangères en situation irrégulière, serait alors remplacée par la seule prise en charge des urgences médicales et des maladies infectieuses. Une aberration de santé publique, dénonce AIDES qui rappelle que 300 000 personnes qui vivent et travaillent en France seraient concernées. Cette mesure empêcherait l’accès à la prévention et au suivi médical pour une population déjà précaire, et contribuerait à engorger des services d’urgences déjà sous tension. Enfin, elle serait couteuse pour les finances publiques : les prises en charge tardives, avec des pathologies plus avancées et plus lourdes à traiter, se multiplieraient.

    Février

    AIDES rejoint le collectif « Délinquants solidaires »

    Procès d’habitants-es de la vallée de la Roya « coupables » d’être venus-es en aide à des réfugiés-es, mesures d’intimidation, poursuites - et parfois condamnations - de personnes ayant agi en soutien de migrants-es ou de Roms, à Calais, à Paris, à Norrent-Fontes, à Boulogne, à Loos, à Perpignan, à St-Etienne, à Meaux... On assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est tenue pour un délit. 100 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales, publient alors un manifeste pour dénoncer ces procédés. Dans les semaines qui suivent, de nombreuses actions sont pour que soient préservés le droit de regard, le droit de critique, le droit de s’opposer à des politiques qu’on désapprouve, le droit de se conduire autrement qu’en agent de politiques de fermeture : le droit d’agir en toute humanité.

    La CROI à Seattle

    La capitale de l’Etat de Washington accueille la CROI (Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes), plus grande conférence scientifique américaine sur ces enjeux, dans laquelle le VIH a une place centrale. Il y est question de la PrEP,  d’envisager la fin de l’épidémie pour tous-tes, notamment avec l’objectif 90-90-90, d’améliorer les traitements existants mais aussi de chercher la guérison en visant les réservoirs du virus.

    Mars

    La PrEP pérennisée…

    À partir du 1er mars, le Truvada utilisé en tant qu’outil de prévention (PrEP) est  pérennisé, puisqu’il bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché (AMM, permanente) qui remplace la recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Le dispositif notamment porté par AIDES est donc validé, mais l’association reste mobilisée et vigilante. En effet, c’est uniquement la prise continue (1 comprimé par jour) qui est entérinée par l’AMM, mais une prise discontinue (parfois appelé « à la demande » ou « intermittente ») reste possible. AIDES restera vigilante et veillera à ce que les deux schémas de prise de PrEP restent disponibles pour les usagers-ères, afin que cet outil s’adapte au mieux aux besoins et modes de vie de chacun-e. Enfin, AIDES continuera à défendre l’importance d’un accompagnement non médicalisé des personnes, capital pour optimiser l’efficacité et l’accessibilité de la PrEP.

    ...Pour les femmes aussi !

    Le 8 mars, pour la journée des droits des femmes, l’association appelle les pouvoirs publics à tout mettre en œuvre pour que les plus concernées par le risque de VIH accèdent plus aisément à la PrEP, fraîchement entérinée. En effet, en France, certaines femmes sont toujours particulièrement exposées au VIH : c’est notamment le cas des femmes migrantes d’origine africaine, des femmes trans et des travailleuses du sexe. En tout, les femmes représentent 30% des nouvelles contaminations… mais seulement 0,7% des bénéficiaires de la PrEP ! AIDES demande donc une évolution des recommandations de la Haute autorité de santé pour impliquer explicitement les femmes les plus exposées, la mise en place de projets de recherche dédiés et de recueil de données ainsi que le financement par les pouvoirs publics de campagnes d’information et de sensibilisation ciblées.

    AIDES s’oppose à un brevet du laboratoire Gilead

    Après avoir appelé en janvier l’état à s’engager pour l’accès de tous-tes au traitement contre l’hépatite C en utilisant tous les leviers à sa disposition pour faire baisser les prix, AIDES vise directement le portefeuille de l’industriel Gilead. C’est ce dernier qui, depuis 2014, commercialise à prix d’or (jusqu’à 84 000 euros aux Etats-Unis) sa cure novatrice de Sovaldi (molécule sofosbuvir) à laquelle ne peuvent donc accéder qu’une partie des personnes atteintes par une hépatite. En France, où la cure est alors vendue 41 000 euros, seules les personnes les plus malades sont éligibles au traitement. C’est ce qui motive l’association à déposer une opposition auprès de l’Office Européen des Brevets sur un second brevet du Sovaldi, initiative accompagnée le même jour de démarches similaires venant d’autres associations en France et en Europe… Coïncidence (ou pas), le 31 mars, l’accès de tous-tes les malades au traitement contre l’hépatite C est officialisé à la suite de nouvelles négociations entre le laboratoire et le gouvernement qui ont abouti à une baisse du prix de la cure de Sovaldi en France (à 28 700 euros).

    Avril

    La pénalisation du client a un an

    Et ce n’est pas un joyeux anniversaire que marque le 13 avril, puisque la loi dite de pénalisation des clients n’a aucun impact sur le nombre de travailleurs-ses du sexe mais dégrade leurs conditions de travail et leurs conditions de vie. Par ailleurs, cette mesure comme l'ensemble de la loi du 13 avril 2016 n'a aucun impact sur la traite des êtres humains. En revanche, la précarisation s’est généralisée avec un rapport de force inversé en faveur des clients. Avec un pouvoir de négociation affaibli, des déplacements et un isolement accrus, les travailleurs-ses du sexe prennent plus de risques pour leur santé et leur sécurité, conduisant à une perte du suivi sanitaire, des interruptions de traitement, et des témoignages de violences plus nombreux…

    #REVEndiquons2017 : AIDES bat la campagne

    Evènement incontournable du printemps 2017, l’élection présidentielle est souvent l’occasion pour les associations d’interpeller les candidats-es à se positionner sur leurs thématiques. Mais pas cette fois pour AIDES, qui a préféré être force de proposition en développant un programme politique en 17 mesures pour faire reculer le sida et transformer la société. Dans le cadre de cette campagne parallèle, deux événements majeurs de plaidoyer sont organisés, l’un à Paris sur la thématique du prix du médicament avec une « roue de l’infortune » et l’autre sur les enjeux autour des consommations de drogues, à Marseille avec une vidéo dédiée et une « Droguerie » se voulant le lieu idéal de la réduction des risques. Sous l’égide d’une licorne combattive, c’est tout le réseau qui se mobilise.

    Stopper le virus de la haine

    mlp avril 2017 virus haineLe 23 avril, c’est le choc avec l’arrivée de Marine Le Pen au second tour de l’élection. A chaud, AIDES publie une illustration montrant la candidate Front national enfermée dans un préservatif, avec cet appel « Stoppons le virus ». Sur les réseaux sociaux, l’image génère des millions de réactions, d’adhésion, de colère ou d’interrogation. Mais pourquoi cibler Marine Le Pen ? Une occasion de se rappeler que sa famille politique et sa famille tout court ont toujours eu des positionnements irréconciliables avec la lutte contre le sida. Depuis 30 ans, cette formation politique instrumentalise le sida pour faire passer ses messages. Elle a toujours considéré les personnes qui vivent avec le VIH et les communautés les plus concernées comme des cibles. Elle a préconisé l’isolement des malades, et décliné les lettres du mot sida en slogans politiques nauséeux. Aucune formation politique n’a été aussi loin dans notre pays, n’a fait aussi mal.

    Mai

    AIDES lance la Grande Braderie du Design

    Pour la première fois et avec le parrainage prestigieux de Philippe Starck, AIDES propose une vente exceptionnelle d’objets de design au profit de la lutte contre le sida. Le principe est simple : des créateurs et créatrices de design, ainsi que des sociétés de diffusion et d’édition de ces objets de qualité se mobilisent gracieusement aux côtés de l’association, en faisant don de pièces. La vente, à destination du grand public, propose les objets à prix attractif, et les recettes permettent de financer les actions sur le terrain, notamment de dépistage et de prévention !

    17 mai en action contre les LGBTphobies!

    Pour le 17 mai, journée internationale de lutte contre les LGBTphobies (homophobie, lesbophobie, biphobie, transphobie…), AIDES se mobilise dans l’ensemble de son réseau, avec des actions de visibilité et de sensibilisation dans l’hexagone comme dans les Outre-mer. Et cette année, deux lieux de mobilisation tirent leur épingle du jeu avec des démarches particulièrement originales. C’est le cas de Périgueux, qui inaugure avec des partenaires associatifs-ves et des élus locaux le premier passage piéton aux couleurs de l’arc-en-ciel en France.  Autre moment fort, la sortie d’un court-métrage, « Avec ou sans toi », réalisé par AIDES Bobigny cette fois, et dénonçant l’homophobie dans le cadre familial.

    120 battements par minute à Cannes

    Sur la Croisette, la lutte contre le sida monte le tapis rouge pour la projection du film de Robin Campillo, encore inconnu du grand public, mais plus pour longtemps. « 120 battements par minute », qui retrace les années de cendre (au pire de l’épidémie, avant les traitements) du point de vue des militants-es d’Act Up Paris, reçoit une standing ovation au palais des festivals, puis le Grand prix du jury. C’est le début d’un véritable phénomène qui ravive les mémoires et remobilise l’opinion publique sur ce combat toujours loin d’être gagné, puisque plus de 6000 personnes apprennent encore leur séropositivité en France chaque année.

    Chemsex : un dispositif d’aide et de soutien

    Face à la multiplication des incidents, parfois très graves, liés au chemsex (consommation de produits dans le cadre sexuel), AIDES développe un réseau national d’entraide communautaire pour les usagers de Chemsex, leurs proches, leurs partenaires. Ce numéro d’appel d’urgence est destiné à gérer les situations qui requièrent une prise en charge immédiate : sur-dosage, surconsommation, état de mal-être physique ou psychologique (bad trip, angoisse, descente), prise de risques à VIH ou hépatites, modification et altération du comportement préventif, sentiment d’isolement, interactions entre les produits psychoactifs et les traitements à VIH, conséquences délétères de la consommation sur la santé, l’environnement familial, social et professionnel…

    « Canular » homophobe d’Hanouna , AIDES « zappe » Canal+

    S’il n’en est pas à son coup d’essai, Cyril Hanouna dépasse une fois de plus les limites le 18 mai, en piégeant et humiliant en direct des hommes gays sans même prendre la peine de modifier leurs voix. Une démarche d’autant plus abjecte qu’elle fait écho aux méthodes utilisées au même moment en Tchétchénie par exemple pour coincer et persécuter les homosexuels. Pour appeler le président du groupe Canal +, Vincent Bolloré, à se positionner, des militants-es de AIDES se mobilisent devant les locaux, et les décorent de panneaux dénonçant l’homophobie récurrente de « Touche pas à mon poste ». L’association rappelle dans un même temps que les discriminations homophobes, l’humiliation publique, les agressions verbales et physiques restent le quotidien de milliers de gays, bis et trans en France. Un contexte qui les accule à la clandestinité, favorise les prises de risques et fait le lit de l’épidémie à VIH. Et la mobilisation portera ses fruits, puisqu’en juillet le CSA condamne la chaîne C8 à 3 millions d’euros d’amende, sans compter les nombreux annonceurs qui se sont retirés.

    Juin

    AIDES à l’abordage de Nantes

    Pour son Congrès national 2017, l’association a posé ses valises dans la capitale de la Loire Atlantique. Au programme, trois jours de débats, de tables rondes et d’actions publiques. Objectif : redéfinir ensemble les nouvelles frontières de la lutte contre le sida et les hépatites. Réunissant plus de 300 militants-es venus-es de toute la France, le Congrès est le point d’orgue de la construction politique des actions de AIDES. Pendant trois jours, les volontaires de l’association discutent et réfléchissent ensemble, pour construire le AIDES de demain. Ils et elles élisent également les personnes qui les représenteront dans les instances politiques et publiques, et ont notamment réélu à la présidence de l’association Aurélien Beaucamp. Autre temps fort de ce weekend, le discours inaugural de Daniel Defert, fondateur de l’association, sur l’origine et l’état de la lutte.

    Des fiertés sous le signe du U=U

    En amont du Congrès de Nantes, les militants-es avaient organisé une « Séropride », c’est à dire une marche des fiertés séropositives, afin de redonner de la visibilité aux personnes touchées par le VIH et lutter contre les préjugés et les discriminations. Le mot d’ordre de cette Séropride : U=U, c’est à dire « Undetectable = Untransmittable » (ou « Indétectable = Intransmissible »). Ce slogan d’origine américaine vise à informer sur un fait encore trop méconnu : une personne séropositive sous traitement et en charge virale indétectable ne transmet plus le virus. C’est à dire que lorsqu’il est indétectable dans le sang, le virus ne se transmet plus, même sans préservatif. Or, en France 86 % des personnes séropositives ont une charge virale indétectable et ne transmettent donc pas le virus. Et cela doit se savoir. C’est d’ailleurs aussi sous cette bannière que les militants-es de AIDES marchent pendant tout le mois pour les fiertés LGBT !

    Drogues : soutenir plutôt que punir !

    Pour la 5ème édition de la journée internationale « Support. Don’t punish » (« Soutenir plutôt que punir ») le réseau AIDES était mobilisé dans son entièreté pour faire changer les politiques des drogues, et passer enfin du tout répressif à une approche pragmatique favorisant les droits de chacun-e et la santé publique. Stands dans la rue, en festivals, actions de plaidoyer… Les initiatives étaient nombreuses pour porter les demandes d’AIDES : abrogation de la loi du 31 décembre 1970, mise en place d’une politique ambitieuse de santé publique, d’un plan de conversion de l’économie souterraine et d’un référentiel de qualité des produits mais aussi légalisation de l’ensemble des substances aujourd’hui considérées comme illicites et accessibilité selon des modalités différenciées en fonction des produits, un accès facilité à l’usage du cannabis thérapeutique ou encore une réelle politique de soutien pour les associations d’usagers-ères et de réduction des risques.

    « Le SPOT » a un an !

    Lancées le 30 juin 2016, deux centres novateurs de prévention et de santé sexuelle « LE SPOT » à Paris et à Marseille fêtent leur premier anniversaire et font le point sur les avancées réalisées. C’est aussi l’occasion aussi de découvrir leurs méthodes originales. Le pari ? Proposer dans un cadre intimiste et cosy une offre globale en prévention et en santé sexuelle : dépistage du VIH et des IST, mise à disposition de matériel de réduction des risques (préservatifs, lubrifiant, kits d’injection, etc…) de traitement préventif et traitement d'urgence contre le VIH, vaccination contre les hépatites A et B, mais aussi des consultations psy, sexo, addicto... Chacune et chacun peut bénéficier d'un accompagnement personnalisé, assuré par nos militant-e-s : conseils en réduction des risques, entretiens individuels, groupes de parole, éducation thérapeutique... ET bien sûr le tout gratuitement, avec toutes les garanties de confidentialité.

    Hommage à Simone Veil

    Le mois se termine tristement avec le décès de Simone Veil, connue de tous-tes pour son remarquable engagement pour l’émancipation des femmes et leur droit à disposer de leur corps. Son apport à la lutte contre le sida et pour la défense des droits des malades a moins marqué les mémoires. Il a pourtant été tout aussi capital. De 1993, où elle est nommée ministre des Affaires sociales, à son départ du gouvernement en 1995, Madame Veil fera de la lutte contre le sida « une priorité absolue » : doublement des crédits pour le maintien à domicile des malades, multiplication des places disponibles en appartements thérapeutiques, financement de mesures en faveur du soutien psychologique, juridique et social des personnes touchées, formation renforcée des professionnels-les de santé, renforcement du « réseau ville-hôpital », mise en place et financement de programmes de prévention spécifiques dans les « quartiers difficiles »…

    Juillet

    L’IAS à Paris mais sans Macron

    Du 23 au 27 juillet, la Conférence mondiale sur le sida organisée par l’IAS (International AIDS Society) se tenait à Paris, rassemblant des milliers de chercheurs-ses et d’activistes venus-es de toute la planète. Mais le fraîchement élu président Macron choisi de déserter. Une absence d’autant plus remarquée que Jacques Chirac était monté à la tribune lors du dernier passage de la conférence IAS à Paris, et un signal inquiétant sur l’engagement de la France pour mettre fin à la pandémie du VIH/sida, surtout que 2017 a vu les contributions des pays les plus riches à la lutte mondiale contre le VIH/sida atteindre leur niveau le plus bas depuis 2010.

    Déclaration communautaire de Paris sur le VIH

    Il est des conférences internationales sur le sida qui frappent les esprits et marquent un tournant dans le combat contre le VIH. C’est parfois une annonce scientifique (l’arrivée des trithérapies en 1996) ou un cap franchi sur le terrain militant. Ce fut le cas à Denver en 1983, où fut acté le fameux « Rien pour nous, sans nous » puis en 1994 avec le principe GIPA (« Greater Involvment of People living with HIV and AIDS » ou « plus grand implication des personnes vivant avec le VIH/sida). Cette année, à l’occasion de la "HIV Science conférence", la société civile a voulu marquer un nouveau tournant avec une "Déclaration communautaire de Paris" qui ambitionne de placer les personnes concernées au cœur des décisions et politiques qui les touchent.

    Fin de l'interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives

    C’est enfin officiel : l’arrêté permettant la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives au VIH ou à une hépatite virale a été signé le 12 juillet par la ministre Agnès Buzyn, et publié le 19 juillet au Journal officiel. Cette levée est  effective au 1er janvier 2018, 32 ans après son instauration, et six ans après les premières promesses de l’État. Cela fait des années, que nous, associations luttant contre le VIH/sida ou les hépatites virales, nous nous battons pour lever l’interdiction de pratiquer des soins funéraires de conservation des personnes séropositives au VIH ou à une hépatite virale, confortés par les avis du Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), du Défenseur des droits, de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et du Haut conseil à la santé publique (HCSP). Si nos associations saluent bien sûr cette avancée historique, sa lenteur nous laisse un goût amer.

    Août

    Summer Tours

    Imaginez un peu le décor : au soleil, quelques gouttelettes ruisselantes qui dégoulinent sur la peau hâlée, l’horizon à perte de vue, le clapotis des vagues qui nous berce et rien d’autre à faire que de buller.  Ce n’est pas pour rien que l’été favorise les rencontres : on est bronzé-e, détendu-e… Peut-être même un peu trop détendu-e parfois, puisqu’on sait que la période est aussi propice au relâchement des comportements de prévention. C’est pour ça que les militants-es de AIDES se sont mobilisés-es une fois de plus pour vous aider à passer un été safe et pas sage ! De la Bretagne à l’Occitanie et de la côte Atlantique aux rivages de la Méditerranée, ce sont des milliers de préservatifs distribués, des centaines de dépistages réalisés et des sourires à n’en plus compter...

    SIDA : la feuille de soin de la honte

    SIDA. Quatre lettres inscrites en gros sur une feuille de protocole de soins. Quatre lettres indignes et anachroniques. La personne qui nous a fait remonter ce document est très en colère, et nous aussi. Elle est séropositive et en charge virale indétectable. Ce qui veut dire que non seulement elle n'a pas le "sida", mais aussi qu'elle n'est pas contaminante. Pourtant ce-tte médecin l'a fait douter, lui a fait peur, n'a pas expliqué, a eu des propos jugeants et homophobes. Voilà comment, en 2017, certains-es médecins traitent les personnes vivant avec le VIH. En entretenant la confusion entre VIH et sida, entre virus et maladie, ils et elles nourrissent la sérophobie et la désinformation. Il serait temps que ce genre de stigmatisation digne des années 80 s'arrête !

    Septembre

    Hommage à Pierre Bergé

    AIDES, membre fondateur et administrateur du Sidaction s'associe aux hommages rendus à son président Pierre Bergé. La lutte contre le sida perd avec lui l'un de ses plus fervents combattants, et il laisse derrière lui une vie inlassablement consacrée non seulement à combattre l'épidémie mais aussi à défendre les droits des personnes LGBT+. C’est toute la lutte contre le sida qui est en deuil.

    Drogues et prison : le grand tabou

    Pendant le mois de septembre, AIDES s’est fait le relais d’une série d’article de fond sur les drogues en prison et publiés sur Mediapart par l’OIP (Observatoire international des prisons). « Drogues et prison : décrocher du déni », « Blocage stérile sur l'échange de seringues » ou encore « La réduction des risques au forceps » permettent de comprendre ce sujet avec des éclairages sanitaires, sociétaux, militants et scientifiques, loin des conceptions moralisatrices qui ont trop souvent le dessus dans les politiques publiques et les discours médiatiques. Aujourd’hui en France, une personne détenue a 9 fois plus de risques de contamination à l’hépatite C que le reste de la population, et 6 fois plus de risques de contamination au VIH.

    « Positif » : quand la sérophobie se raconte dans un livre

    A 32 ans à peine, Camille Genton a déjà derrière lui 7 ans de vie avec le VIH. Une expérience qu’il partage dans un livre captivant au style direct et combattif. « Positif », paru le 6 septembre aux éditions Lattès, est aussi un acte militant : Camille a choisi de reverser l’intégralité de ses droits d’auteur à la fondation LINK pour AIDES. Quelques semaines plus tard, il lance aux côtés de dizaines d'autres personnalités une tribune pour mettre fin aux discriminations que continuent de subir les personnes séropositives. Plus qu'un texte, c'est un cri du coeur, un cri de ralliement que pousse Camille.

    Octobre

    Journée de la disance : témoignages de la vie avec le VIH

    Depuis 2012, AIDES organise le 6 octobre la Journée de la Disance pour libérer la parole autour du VIH et lutter contre les discriminations qui continuent de toucher les personnes concernées. Et cette année, à la suite d’un appel à témoignages, 8 personnes ont accepté de se livrer, par écrit ou en vidéo, pour aider les autres, celles et ceux qui ne peuvent pas se dire, par crainte de représailles sentimentales, familiales, professionnelles ou financières. De quoi esquisser le portrait de la vie avec le VIH aujourd’hui en France.

    #LoveBaguette : Une baguette pleine d'amour pour mettre fin au sida

    Pour la première année, AIDES lançait sa « Love Baguette », une opération de collecte pour financer ses actions de terrain : sensibilisation, dépistage, accompagnement… Vendue 2 euros par les quelque 1000 boulangeries participantes (dont 1 euro versé à l’association), cette baguette en forme de ruban a reçu le soutien de nombreuses personnalités. Au final, l’opération a rencontré un succès souvent inespéré, que ce soit dans les boulangeries ou en ligne, puisque l’enthousiasme était aussi au rendez-vous sur les réseaux sociaux, avec des centaines de selfies ou photos postées sous le hahstag #LoveBaguette !

    Christine Boutin quitte – enfin- la politique

    Celle qui s’est fait connaître pour ses positions homophobes depuis l’époque du Pacs l’a annoncé : la politique c’est fini pour elle. On pourrait s’en réjouir, puisque Christine Boutin a toujours tenu un discours fondamentalement opposé à celui d’AIDES et préjudiciable à la lutte contre le sida. Ce serait oublier un peu vite le mal qui est déjà fait, notamment avec la progression des actes homophobes constatée à la suite des « débats » sur le mariage pour tous. On ne le répétera jamais trop : les discriminations font le terreau des épidémies, et c’est pourquoi la transformation sociale fait partie de nos missions. On ne mettra pas fin au sida sans que chacun-e puisse être respecté-e pour ce qu’il ou elle est.

    Novembre

    Femmes en action : toutes mobilisées contre les épidémies !

    Du jeudi 9 au dimanche 12 novembre, sur la côte d’Opale, une soixantaine de femmes du réseau AIDES étaient réunies pour se former, échanger et produire pour lutter contre les épidémies de VIH et d’hépatites. Au programme : des ateliers pour renforcer leur capacités individuelles et collectives, d’autres dédiés aux projets, le tout ponctué de moments de détente et de convivialité. Pour les participantes comme pour les animatrices, le weekend se conclut sur une grande émotion au moment du partage des projets et témoignages récoltés, mais aussi sur un espoir : celui de voir continuer et grandir ces derniers pour aider les femmes concernées.

    Rapport discriminations

    Pour la troisième année consécutive, AIDES a publié son rapport "VIH/hépatites, la face cachée des discriminations" qui poursuit sa traque des inégalités et des discriminations que subissent les personnes concernées par le VIH et les hépatites, qu’elles soient porteuses de virus ou vulnérables au risque d’infection. Dans la continuité de la précédente édition, il s’obstine à débusquer les entraves qui limitent leur accès aux droits, en considérant la diversité des formes qu’elles revêtent. La discrimination constitue un phénomène multidimensionnel, à l’intersection de logiques politiques, juridiques et sociales. Il s’agit de s’attaquer aux multiples facteurs de vulnérabilité qui produisent des inégalités dans l’accès aux soins et à la prévention. Les politiques répressives, minutieusement analysées dans ce rapport, contribuent ainsi aux phénomènes de stigmatisation et aux pratiques discriminatoires.

    Décembre

    Donnez l’amour

    Pour le 1er décembre, TBWA\Paris a offert à AIDES une toute nouvelle campagne, déclinée sous la forme d’affiches et d’une vidéo autour d’un poème. Un court texte, deux lectures possibles, la campagne révèle avec poésie l’importance de préserver l’amour et de poursuivre la lutte, avec un nouveau mode d’action, le don par SMS. Le mot d’ordre est simple : contre le sida, donnez de l’amour, rien que de l’amour. Alors que tous les outils existent pour mettre fin à l’épidémie, plus de 6 000 nouvelles contaminations surviennent chaque année en France. Le VIH reste un problème de santé publique majeur en France, et à l’international où l’épidémie continue de faire des ravages. La fin du sida n’est aujourd’hui plus qu’une question de moyens, financiers et politiques.

    Pour un changement radical des politiques migratoires

    A l'occasion de la journée mondiale des migrants, AIDES se joint à des centaines d’autres organisations «fermement décidées à promouvoir un changement radical qui mette un terme à ces politiques migratoires aux conséquences humaines dramatiques». Ces associations veulent «faire ressortir des revendications communes et des propositions concrètes pour une autre politique migratoire, respectueuse des droits fondamentaux». Les études et rapports le montrent continuellement et depuis des années: les conditions dans lesquelles sont "accueillis-es" les étrangers-es en France les exposent à un risque accru vis à vis du VIH et des hépatites. La précarité sociale, économique et administrative favorise les contaminations. Remettre en cause les droits, l’accès à la prévention et aux soins de personnes étrangères, c’est faire le jeu de l’épidémie !

    Macron épinglé pour son désengagement

    Alors que s’ouvrait le 4 décembre la 19e conférence sur le sida et les IST en Afrique (ICASA) à Abidjan (Côte d’Ivoire), les associations tiraient la sonnette d’alarme sur l’urgence en Afrique de l’Ouest et du Centre et s’inquiétaient du désengagement de la France dans la lutte contre le sida dans la région. Il faut dire que, comme pour la conférence de l’IAS, Emmanuel Macron en était absent, ce qui envoyait déjà un signal peu prometteur. Signal qui s’est concrétisé deux semaines plus tard, alors qu’on apprenait le projet de la France de baisser de 20 millions d’euros sa contribution financière à UNITAID, un fonds mondial luttant contre les épidémies, notamment de VIH.

    Génériques du Truvada : AIDES interpelle le juge européen !

    Depuis juillet, quatre laboratoires ont obtenu le droit de produire des version génériques du Truvada (une combinaison de deux molécules utilisée pour prévenir - PrEP- ou traiter le VIH) commercialisé à prix d'or par le laboratoire Gilead. Une grande victoire, qui ne doit pas faire oublier que de nombreux pays européen n'y ont pas encore accès. Et pour cause : Gilead, qui n'est pas prêt à lâcher cette manne financière, essaie de bloquer leur arrivée sur le marché en se prévalant d’un CCP (certificat complémentaire de protection) qui permet d’allonger la période d’exclusivité. En décembre AIDES interpelle donc la Cour de justice de l'union européenne (CJUE) pour questionner la validité de cette "rallonge"... Il faut dire que le "cas Truvada" et le dispositif des CCP sont emblématiques d'une politique européenne des brevets dysfonctionnelle, qui privilégie de façon infondée les intérêts économiques de l'industrie pharmaceutique, au détriment de l'intérêt des malades et de la santé publique. Des médicaments moins chers sont des médicaments plus accessibles pour tous-tes!