"Il faut s'engager pour faire bouger les choses"

Parole de volontaires

07 Septembre 2011

Pascale, Géraldine et Dominique sont volontaires dans le Languedoc-Roussillon et les Midi-Pyrénées. Arrivés à AIDES il y a un peu plus d'un an, ils ont fait leur première formation ensemble et se sont lancés dans différents champs d'action, en fonction de leurs expériences et de leurs envies. Familles d'accueil, Femmes, Prison, Hépatites... Malgré quelques embûches, les trois compagnons ont de nombreux projets en route et, pas à pas, leur persévérance est saluée de belles avancées.

Investie dans le groupe Femmes de Toulouse, Pascale organise les réunions entre volontaires, contribue au bon déroulement des actions qui y sont décidées et anime des rencontres entre personnes concernées. "Le groupe de parole, qui est un groupe d'auto-support, n'est pas ouvert aux hommes mais nos réunions et nos actions publiques sont ouvertes à toute personne étant ou se sentant femme. Ce n'est pas le cas partout," explique-t-elle. "Ces groupes sont très important pour recueillir les besoins et les attentes des premiers concernés."

  


Pascale, Géraldine et Dominique au Congrès de AIDES - Lyon, 17-19 juin 2011

 

A partir de ces informations, Pascale et les autres volontaires du groupe Femmes mettent en place des actions "terrain" pour aider les femmes séropositives de la région et sensibiliser le grand public. C'est à partir de ce procédé qu'est née l'idée d'un parcours de VIH (vie) "spécial femmes"; une série de brefs ateliers que l'on présente au grand public lors d'opérations spéciales pour illustrer les difficultés du quotidien, les obstacles et les discriminations auxquelles sont confrontées les femmes séropositives. "Ce parcours existe déjà ailleurs. Il y a, par exemple, le parcours de VIH des personnes migrantes. C'est un très bon outil et nous sommes en train de le développer sur la région."

En milieu carcéral aussi, les volontaires proposent des temps collectifs de réflexion et de construction. Mais, dans le Languedoc-Roussillon, Géraldine explique que "c'est un peu compliqué." L'action Prison - qui prévoit, entre autres, la sensibilisation du personnel pénitentiaire aux spécificités du VIH et des hépatites, des ateliers d'éducation à la santé, et l'accompagnement individualisé des détenus - n'est pas menée dans toutes les maisons d'arrêt du territoire. "Nous intervenons à Toulouse, à Nîmes... Et je pense qu'il faut développer l'action Prison sur la région mais il y a un manque de moyens humains," continue Géraldine. Quelques volontaires qui participent activement aux actions du groupe Prison, un peu plus pour le groupe Femmes... Pour remobiliser les autres, Pascale tient à leur donner les moyens de s'approprier le local. Organiser une rencontre conviviale, un apéritif... C'est un bon moyen de réunir l'équipe et cela permet de valoriser le travail de chacun. "J'aimerais vraiment que l'on y arrive," confie Dominique. "L'année dernière, ce manque s'est ressenti sur certaines actions de la région." Y compris sur les actions Familles d'accueil et Hépatites dont il s'occupe. Et le groupe Hépatites est en pleine expansion.

  


Le Congrès de AIDES réunit une centaine de militants tous les deux ans, l'occasion de faire le bilan et d'élire le nouveau président de l'association
  

"Je co-anime ce groupe avec Alexandre, un autre volontaire, à Perpignan," explique Dominique. "C'est quelque chose qui est en train de prendre de l'importance. Il y a beaucoup d'usagers de drogues sur la région, et donc beaucoup d'infections par le VHC, le virus de l'hépatite C." Les bases du groupe sont établies, les participants répondent présents mais les objectifs du groupe restent à définir avec les membres. "Pour l'instant, c'est un groupe d'auto-support. On ne sait pas encore à quelles catégories de personnes précises on va l'adresser, on ne sait pas si on va inviter des intervenants extérieurs, des spécialistes des hépatites..." Pour mener à bien ce projet, Dominique et Alexandre ont prévu de se déplacer à Nîmes où il existe un groupe Hépatites qui fonctionne particulièrement bien. "J'ai suivi la formation de AIDES Produire, animer et soutenir un groupe," continue Dominique. "Sans cette formation, je n'aurais pas pu monter et animer le groupe Hépatites. Je manquais de méthode, je ne savais pas comment poser les choses... Cela a vraiment été un plus. Et puis, il ne faut pas hésiter à s'inspirer des méthodes de travail d'autres équipes."

Le travail collectif et la démarche communautaire pour accéder à la transformation sociale, c'est en effet le principe qui unit les militants. "Ce que j'aime beaucoup chez AIDES, c'est que l'on peut solliciter les personnes et travailler avec elles. Les gens te donnent plein de choses, ils te font partager leur expérience. J'ai beaucoup appris." Et grâce à l'expérience ainsi acquise, les militants ont la possibilité d'évoluer. Géraldine doit suivre la formation Prison ; elle pourra bientôt s'occuper de l'accompagnement individualisé des personnes détenues et les aider dans leur réinsertion. Pascale et Dominique préparent leur candidature pour devenir présidents de leur territoire d'action et gérer l'ensemble des lieux de mobilisation qui appartiennent à ce territoire. Après tout, "être élu, c'est participer un peu plus à tout ce travail," déclare Pascale. "Quand on a envie de faire bouger les choses, si on veut voir les choses s'améliorer, à un moment, il est peut-être nécessaire de s'engager plus en avant."

   

Quelques mois après cette interview, nous apprenons que Pascale, Dominique et Géraldine ont bien évolué dans le domaine qui les passionnait. Pascale est toujours volontaire à Toulouse. Elle continue les actions Femmes et a été élue au Conseil AIDES de sa région. Dominique a également rejoint le Conseil AIDES de sa région aux côtés d'un autre élu. Il est secrétaire de son territoire d'action et s'implique cette année sur de nombreux projets dont les universités de personnes séropositives qui se tiendront en octobre dans le Sud. Géraldine a choisi de devenir salariée pour s'investir auprès des usagers de drogues à temps plein. Elle exerce aujourd'hui à Avignon.
PHOTOS : AIDES

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