Les ministres des finances de l'Union européenne ont autorisé la mise en place d'une taxe sur les transactions financières (TTF), ou taxe Robin des Bois, le 22 janvier 2013. Cette taxe, qui a été imaginée par les ONG pour financer l'aide au développement international, devrait s'appliquer d'ici 2015 dans onze pays de la zone euro. Un détail pourrait cependant mettre à mal des années de mobilisation associative : l'Europe semble décidée à l'utiliser pour renflouer les caisses des Etats.
Après des années de mobilisation et de pression associative, plusieurs pays de l'Union européenne se sont enfin décidés à instaurer une taxe sur les transactions financières (TTF). Emboîtant le pas du président Sarkozy, qui a entamé les travaux nécessaires pendant son quinquennat, le président Hollande en a instauré une en France au mois d'août 2012. Il a montré l'exemple ; d'autres ont suivi. Depuis le 22 janvier 2013, ils sont en effet onze pays européens à s'être engagés à mettre en place la désormais célèbre "Taxe Robin des Bois" : France, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Estonie, Slovénie, Slovaquie.
Le soutien de l'Allemagne, qui porte ce projet avec la France depuis près d'un an, semble y être pour beaucoup. Ce 22 janvier étaient d'ailleurs célébrés les cinquante ans d'amitié franco-allemande. Une TTF pour marquer ces noces d'or ? Belle initiative, saluent Coalition PLUS, AIDES, One France et Oxfam France dans un communiqué commun. Mais il faut aller plus loin, "garantir publiquement que cette taxe sera affectée à l'aide publique au développement." François Hollande s'est déclaré favorable à ce qu'une partie de cette taxe serve à financer les urgences mondiales telles que la lutte contre les pandémies et les dérèglements climatiques. "Une toute petite partie ! Des miettes !" regrettent les associations. Il faut rappeler que les ONG du monde entier travaillent depuis des années à la mise en place d'une TTF solidaire afin de palier les manques du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, principal financeur de la lutte contre ces pandémies dans les pays en développement.

AIDES, Coalition PLUS, Oxfam, Attac et des associations du monde entier manifestent pour la mise en place d'une TTF solidaire ou "Taxe Robin des Bois" (Nice, G20 2011)
D'après les estimations actuellement disponibles, la TTF française permettrait à elle seule de traiter 400 000 personnes vivant avec le VIH/sida. Une TTF prélevée par les onze pays cités précédemment permettrait de soulever 37 milliards d'euros par an. Cette TTF, qui n'affecte en rien le contribuable et permettrait de réguler les spéculations financières responsables de la crise économique dont nous payons aujourd'hui le prix, pourrait même être instaurée dès 2013. Coalition PLUS, AIDES, One France, Oxfam France et les autres associations engagées dans la lutte contre le sida appellent aujourd'hui les dirigeants européens a se souvenir des principes inscrits dans le Traité de l'Elysée, traité qui a soudé l'amitié franco-allemande il y a cinquante ans et qui comprend des engagements pour l'aide au développement. La crise économique ne doit pas faire oublier la solidarité internationale. Hakima Himmich, qui vient d'accéder à la présidence de Coalition PLUS, le rappelle : "Il n'y a plus d'excuse pour ne pas aborder le sujet de l'affectation des revenus de cette taxe. Tout dépend du couple franco-allemand et de la volonté politique de François Hollande et Angela Merkel !"
PHOTOS : AIDES