ONU et sida : 10 ans d'espoirs déçus

08 Juin 2011

Mise à jour du 10 juin : 

Mercredi 9 juin 2011, les Nations Unies ont pris une série d’engagements internationaux en matière de lutte mondiale contre le sida. Parmi ceux-ci figure l’objectif de traiter 15 millions de malades du sida d’ici 2015, soit plus qu’un doublement par rapport aux 6,6 millions de malades aujourd’hui traités. Comment trouver l’argent ? AIDES et Coalition PLUS appellent le Parlement français à proposer dès la prochaine rentrée parlementaire une proposition de loi pour introduire en France la taxe sur les transactions financières, afin de réunir des fons supplémentaires à la lutte contre le sida. Et demandent à Nicolas Sarkozy de convoquer d’urgence un sommet international pour se répartir les sommes manquantes.

 

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Du 8 au 10 juin se tient la « Session spéciale de l’Assemblée Générale des Nations Unies » consacrée aux engagements mondiaux contre l’épidémie de sida. (UNGASS)

10 ans après sa première édition, cette session 2011 s’annonce déjà pour AIDES comme un constat d’échec : des engagements financiers en berne, un accès aux soins qui patine, et la violence inouïe des discriminations qui persiste, partout où l’épidémie est la plus virulente.

 
Juin 2011 : deux anniversaires et aucune raison de se réjouir
 
Le 5 juin 2011, il y a quelques jours à peine, cela faisait 30 ans que les premiers cas de sida ont été découverts. Ces « pneumonies atypiques » qui inquiétaient tant les médecins américains le 5 juin 1981 se soldent aujourd’hui par 33 millions de personnes touchées à travers le monde et 25 millions de morts. Dont plus de 2 millions pour la seule année 2010.
 
Pourtant, il y a tout juste 10 ans, l’ONU prenait des engagements sans précédent pour « vaincre l’épidémie de sida ». Des engagements fermes, ambitieux : l’accès aux soins et à la prévention pour tous, et la fin des discriminations. Consacrant un pan entier de leurs engagements aux droits humains, les Etats reconnaissaient enfin la stigmatisation des malades et des populations vulnérables comme le terreau de l’épidémie. 10 ans après, le temps des ambitions semble révolu. Et le bilan est amer. L’accès aux soins patine, et les discriminations font toujours le lit du virus.
 

 

En septembre 2000, l’ONU avait déjà fait une promesse : « En 2010, tous les malades du monde auront accès aux traitements ». Cette annonce faite au Sommet du Millénaire sonnait alors comme une prophétie. 5 ans après l’arrivée des trithérapies, l’organisation internationale semblait prendre conscience de l’urgence mondiale, et des ravages intolérables de l’épidémie de sida dans les pays pauvres. On disposait enfin de traitements efficaces, on avait une chance d’arrêter le désastre. Mais en 2011, la prophétie tourne au mensonge, la belle promesse à la désillusion. A peine un malade sur trois a le « privilège » d’être pris en charge, et 10 millions de personnes attendent toujours leur tour. Avec pour seule perspective la mort à brève échéance.
 
En 2008, la crise offrait un alibi confortable aux pays riches qui savaient déjà qu’ils ne pourraient honorer leur engagement. La crise financière a décomplexé le monde entier, qui ne cesse depuis de relâcher ses efforts. Les engagements en faveur du Fonds Mondial de lutte contre le sida se tarissent de toutes parts, et ouvrent un boulevard à une épidémie qu’on commençait tout juste à maîtriser.

 

Notre dossier

 

 

 

- 2010 : l’année de la déception universelle

- Des financements innovants qui se font attendre

- Les restrictions sur les brevets tuent les « génériques »

 - Pas d’accès universel aux soins sans accès universel aux droits

 - Notre communiqué du 9 juin