Le 29 mars, quatre militants souhaitaient se rendre au meeting de Nicolas Sarkozy à Nîmes pour tracter les positions de AIDES sur les questions de santé qui nous préoccupent. Surprise : alors que les militants tractent régulièrement dans les meetings de candidats divers, les forces de l'ordre se sont interposées et ont tenté de les intimider. Relève des identités et des adresses, et, sous prétexte qu'ils ne disposaient pas d'une invitation personnelle, on leur ont conseillé de ne pas se rendre au meeting ni de s'en approcher.
En conséquence AIDES a écrit au secrétaire général de l'UMP, M. Jean-François Copé, pour faire part de son inquiétude quand au respect de la liberté d'expression de la société civile et l'utilisation des moyens publics à des fins politiques. Voici la lettre envoyée ce mardi 3 avril.
M. le Secrétaire Général de l’UMP
M. Jean-François COPE
UMP – 238 rue de Vaugirard
75015 PARIS
Monsieur,
Nous souhaitons attirer votre attention sur un fait marquant, intervenu lors d’un évènement public du candidat Nicolas Sarkozy, qui soulève une vive inquiétude de notre part quant au respect de la liberté d’expression de la société civile.
Ce jeudi 29 mars, quatre militants de notre association AIDES envisageaient de se rendre au meeting de Nicolas Sarkozy au Parnasse de Nîmes. Alors qu’ils déchargeaient des tracts de notre campagne de communication de leur véhicule sur le parking du stade des Costières, à proximité du lieu du meeting, des représentants des forces de l’ordre en civil les ont abordés en leur demandant quel était le motif de leur présence. Les militants de AIDES ont indiqué qu’ils souhaitaient échanger avec les militants et les cadres politiques de l’UMP participant à ce meeting. Notre association s’invite, en effet, dans la campagne présidentielle, en vue de favoriser la prise en considération des enjeux liés à la lutte contre le VIH et les hépatites, et participent à de multiples réunions publiques, des différents candidats, notamment Nicolas Sarkozy.
Après avoir exposé les raisons de leur présence, les forces de l’ordre ont relevé leur identité et leur adresse et leur ont demandé s’ils disposaient d’une invitation personnelle au meeting, ou à défaut, d’une autorisation de l’UMP. En l’absence, ils leur ont « conseill[é] vivement de ne pas [se] rendre au meeting, ni de [s’]approcher de l’entrée ».
Sans formellement interdire donc la participation de représentants de la société civile à cet évènement public, les forces de l’ordre les en ont ainsi significativement dissuadés. Une telle pratique d’intimidation nous interroge à plusieurs titres :
- D’abord, quant au respect de la liberté d’expression et la qualité du débat démocratique dans la campagne de l’UMP ;
- Ensuite, quant au refus implicite de dialoguer de positions politiques émanant d’une organisation distincte de l’UMP ;
- Enfin, quant à l’usage de moyens publics à des fins politiques (ce dont nous faisons part d’ailleurs au ministre de l’intérieur).
S’il était besoin de le préciser, sachez que nos militants ont participé à différents meetings ces dernières semaines, sans jamais se comporter de manière agressive, provocante, ni même bruyante, à l’égard des personnes présentes, y compris après avoir été interpellés de manière vive, voire hostile. Les forces de l’ordre ne pouvaient donc a priori considérer qu’il existait une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner les militants d’avoir commis ou tenté de commettre une infraction ou toute atteinte à l’ordre public.
Ne voulant douter de l’ouverture au dialogue de l’UMP, nous escomptons une réponse rapide de votre part, voire une rencontre pour échanger de vive voix sur les faits rapportés et, au-delà, sur les revendications que nous portons dans le cadre des élections présidentielles.
En tout état de cause, nous poursuivons notre participation au débat public au cours de cette campagne électorale.
Je vous prie de croire Monsieur le Secrétaire Général en l’expression de mes sentiments les meilleurs,
Bruno SPIRE
Président de AIDES