Santé, société et politique internationale : nos 10 propositions pour inverser la tendance.
Aujourd’hui 150.000 personnes vivent avec le VIH en France et 500.000 avec une hépatite virale. Plus de 6.000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année. Les premières communautés concernées par l’épidémie de VIH sont les gays, les personnes migrantes issues d’Afrique sub-saharienne, les travailleurs du sexe et les usagers de drogue, ces derniers étant également très touchés par le virus de l’hépatite C. Ce sont aussi celles qui, parmi la population française, subissent le plus grand nombre de discriminations et d’atteintes aux droits au quotidien.
Sondage : les Français en avance sur leurs dirigeants ?
Non seulement les français jugent que la lutte contre le sida doit devenir une priorité de santé publique pour le prochain gouvernement mais ils adhèrent massivement aux mesures proposées par AIDES pour mettre fin à l’épidémie. C’est ce qui ressort d’un sondage CSA réalisé pour notre association en partenariat avec France Inter et Libération, dont nous avons révélé les résultats le 1er décembre dernier. Les Français sont 87% à souhaiter que l’accès au traitement soit généralisé à toutes les personnes séropositives dans le monde.
Et si une taxe sur les transactions financières voit le jour (comme c’est le cas aujourd’hui en France), 82% d’entre eux veulent voir ses recettes affectées à la lutte contre le sida et à l’extrême pauvreté. S’agissant de la lutte contre le VIH sur le plan national, les Français font nettement prévaloir la santé publique sur les positions idéologiques ou dogmatiques.
Deux tiers des répondants soutiennent l’échange de seringues en prison et 73 % s’opposent à l’expulsion des étrangers malades. Des résultats qui désavouent les mesures répressives du gouvernement actuel. Mais surtout, les Français manifestent un profond attachement au principe d’égalité en matière de santé (91 %). Un attachement d’autant plus fort qu’il est réaffirmé à l’égard de certaines populations souvent stigmatisées ou exclues des soins : les personnes incarcérées (86 %) et les étrangers (78 %).
Cette situation est un frein dans l’accès au dépistage et aux soins. Et pour les personnes découvrant leur séropositivité, ce sont souvent des vulnérabilités supplémentaires qui s’ajoutent. Difficultés à trouver un travail, à emprunter, à payer ses soins médicaux… Résultat : Les personnes séropositives sont parmi les plus précaires de la population française. Selon notre enquête VIH, Hépatites et Vous (2010), 39,5 % des personnes séropositives et 52.3 % des personnes co infectées (VIH et VHC) gagnent moins de 950 euros/mois. A l’âge de la retraite, seuls 19,3 % peuvent compter sur une pension de retraite à taux plein.
En France, en finir avec le sida c’est :
Mesure 1 : Garantir des conditions de vie dignes pour toutes les personnes vivant sur notre territoire, notamment en instaurant un revenu d’existence et une couverture santé véritablement universelle, en rétablissant le droit au séjour pour soins, et en répondant aux contraintes liées au vieillissement des personnes malades.
Mesure 2 : Lutter efficacement contre les discriminations, en commençant par garantir l’égalité de droits pour les gays, les femmes et les trans et l’égalité effective aux soins et aux droits dans les départements français d’Amérique (Guyane et zone Caraïbes).
Mesure 3 : Privilégier la santé publique à la répression, en particulier concernant l’usage de drogues et le travail du sexe.
Mesure 4 : Améliorer la participation des malades aux politiques de santé, notamment en les associant à toute modification du paysage sanitaire français
Mesure 5 : Assurer les moyens de la lutte contre le sida pour enrayer les épidémies à VIH et à hépatites virales, en augmentant les financements dédiés aux associations de malades et à la recherche publique (ANRS)
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Les hépatites, parents pauvres de la santé publique
C’est un mal invisible dont on parle peu. En France, 500.000 personnes sont infectées de façon chronique par les hépatites B et C et la moitié l’ignore. 2.600 personnes meurent chaque année de la seule hépatite C et on dénombre 4.400 nouvelles contaminations par an.
Enfin, il faut noter qu’une personne séropositive au VIH sur trois est co-infectée. Un état des lieux d’autant plus alarmant que dans les années à venir, on craint de graves complications de santé chez les personnes vivant avec le VHC depuis plus de vingt ans. Les hépatites suscitent un intérêt insuffisant de la part des autorités publiques de santé.
Pour preuve, le Plan National Hépatites se voit attribuer une dotation financière 250 fois moindre que celle affectée à la lutte contre le VIH. On n’y note pas par ailleurs de véritables recommandations de prise en charge. De plus, les Agences Régionales de Santé (ARS) maîtrisent mal le sujet, ou ne sont pas encore convaincues par la nécessité de s’engager.
Qu’attendent les pouvoirs publics pour réellement prendre en main cette épidémie ? Proactive sur la question, AIDES joue son rôle d’alerte et d’accompagnement des personnes concernées par les hépatites. L’association se mobilise pour proposer des solutions de prévention, d’accès au traitement et de prise en charge à la hauteur de ce grave enjeu de santé publique.

Le sida tue encore 1,8 million de personnes chaque année et près de 34 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde. Malgré les efforts du Fonds Mondial qui a sauvé 5 millions de vies, l’épidémie ne cesse de progresser : pour deux personnes mises sous traitement, on déplore cinq nouvelles contaminations. Aujourd’hui, sous l’effet de la crise, les Etats renient leurs engagements. Alors qu’en juin 2011, à l’ONU, la communauté internationale s’engageait à faire passer le nombre de malades sous traitement de 7 à 15 millions en 4 ans, quelques mois plus tard, en novembre dernier, ils annulaient le 11ème cycle de financement du Fonds mondial, privant ainsi 500.000 malades de traitements. Impossible dans ces conditions d’inverser la courbe de l’épidémie. Nous demandons que la France rehausse ses engagements et déploie une diplomatie active en faveur de l’accès universel aux traitements et aux droits. Enfin, face aux menaces qui pèsent sur l’avenir du Fonds mondial, il est temps de mettre en place des modes de financements innovants qui ne dépendent pas uniquement du bon vouloir des Etats.
En finir avec le sida dans le monde c’est :
Mesure 6 : Mettre en place la Taxe Robin des Bois sur les transactions financières, qui doit être affectée à la lutte contre les pandémies et pour le développement.
Mesure 7 : Doubler la contribution de la France au Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
Mesure 8 : Augmenter graduellement l’Aide publique au développement à hauteur de 0,7% du PIB d’ici 2015.
Mesure 9 : Promouvoir une diplomatie active pour la défense des droits des personnes séropositives et des populations les plus vulnérables : homosexuels masculins, trans, femmes, usagers de drogues et travailleur/es du sexe.
Mesure 10 : Soutenir la production et la diffusion de traitements à moindres coûts et s’opposer à toutes dispositions susceptibles d’entraver la production de médicaments génériques, en particulier celles incluses dans les accords de libre échange négociés par la Commission européenne.
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