Législatives 2012 : "La lutte contre le sida est politique"

Législatives 2012

06/06/2012

Après s'être engagée dans la présidentielle pour rappeler aux candidats que la santé est une préoccupation majeure des Français, AIDES tente de sensibiliser ceux qui se présentent aux législatives...

Maires, élus locaux, et peut-être futurs députés, pourraient donner une tournure décisive aux orientations politiques des cinq années à venir. Bruno Spire, président de AIDES, et Christian Andreo, directeur des actions nationales et de la communication de l'association, reviennent sur les raisons de cet engagement.

Déremboursements, franchises médicales, fermeture d'hôpitaux, restrictions de l'accès à l'Aide médicale d'Etat (AME) et expulsions d'étrangers gravement malades: le dernier quinquennat a mis à mal trente ans de lutte contre le VIH/sida, les hépatites virales et les inégalités. Le nouveau Président de la République a promis de revenir sur certaines de ces décisions et les militants attendent impatiemment les faits. Tous savent, cependant, que cela ne pourra se faire sans une Assemblée Nationale solidaire, informée et consciente des problèmes que rencontrent les personnes malades au quotidien.

"La lutte contre le sida est politique," explique Bruno Spire, président de AIDES. "Les mesures prises au niveau politique peuvent infléchir la courbe de l'épidémie et, s'impliquer dans les législatives, c'est très clairement rappeler aux futurs députés qu'il existe des moyens pour arrêter l'épidémie de VIH/sida et diminuer celle d’hépatite C. Il rappelle que l'association a élaboré dix propositions concrètes et faisables : "Il faut modifier la réglementation sur le droit au séjour des étrangers malades, réviser la loi de 1970 qui pénalise la détention et l'usage de drogues, accorder les mêmes droits sociaux, notamment mariage et adoption, à toutes les personnes... Nos dix propositions sont avant tout des axes de travail."

"Notre implication dans les législatives, c'est la suite logique de ce que nous avons pu faire pendant la campagne présidentielle," continue Christian Andreo, directeur des actions nationales et de la communication. "Ce sont les députés qui votent les lois ! Les candidats à la députation vont assurer une représentation nationale, en portant des propositions de lois à l'Assemblée Nationale, mais ils sont en plus candidats dans leur circonscription, et donc sensibles aux situations locales." Il explique que les militants de AIDES qui agissent sur le terrain, partout en France, ont besoin d'échanger avec ces décideurs locaux: "Pour l'implantation de certains programmes, comme l'ouverture d'une salle de consommation supervisée pour les usagers de drogues, il faut, bien entendu, un aval politique au plus haut niveau, mais aussi une concertation avec tous les élus locaux."

Bruno Spire le rejoint : "Ces élections législatives sont aussi un prétexte pour amorcer un dialogue avec des élus politiques et essayer de les revoir de façon régulière, par la suite, pour qu'ils portent nos revendications. Il y a des champs prioritaires ! Il faut, par exemple, s'attaquer à la mise en place de la taxe sur les transactions financières, puisque le dialogue avec les partenaires européens est engagé, et il faut convaincre les députés que cette taxe doit aller au développement et à la santé." Il revient sur l'implication des militants de l'association : "Le fait d'aller voir les candidats, que ce soit pour la présidentielle ou les législatives, c'est quelque chose qui est extrêmement plaisant et valorisant pour les militants. Beaucoup d'entre eux avaient très peur de le faire, pensant que ce serait assez difficile et, finalement, des vocations se sont créées, une mobilisation s'est mise en place dans le réseau. Je voudrais d'ailleurs féliciter tous les territoires d'action qui se sont engagés dans cette bataille et qui continuent à le faire."

Christian Andreo a constaté cette mobilisation : "Beaucoup d'élus ont déjà rencontré des militants de AIDES et ce travail ne s'arrêtera pas avec les résultats des élections, c'est un travail quotidien qui se fait tout au long de l'année." Il explique que les candidats interpellés jusqu'à présent sont réceptifs mais rappelle que nous sommes en période électorale : "Nous avons  la chance d'avoir un réseau militant. Nous sommes sur une thématique qui nécessite de l'engagement politique. Nous avons obtenu un certain nombre d'engagements et de promesses pendant la campagne présidentielle. Nous allons maintenant nous appliquer à ce qu'ils soient suivies de faits."     

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