International : où en sommes-nous ?

29 Novembre 2013
Avec 35,3 millions de personnes infectées dans le monde, le VIH/sida continue d'être un problème majeur de santé publique. Le nombre de nouvelles infections continue depuis plusieurs années de baisser.
 

C'est évidemment une bonne nouvelle même si nous sommes confrontés à une épidémie dont l'envergure reste importante et n'est toujours pas stoppée. Elle décline toutefois.

 

Il y a eu 2,3 millions de nouvelles infections en 2012.

 

C'est le nombre le plus bas depuis le pic du milieu des années 90 quand on en comptait 3,5 millions chaque année. Soit un déclin de 50 % dans 26 pays entre 2001 et 2012. Malheureusement cette baisse est moins prononcée chez les jeunes (voir plus bas).

L'Afrique subsaharienne reste la zone la plus touchée, elle concentre 69 % des personnes vivant avec le VIH (un adulte sur 20 y vit avec le VIH). Mais il y a du progrès, puisque dans 16 pays d'Afrique subsaharienne, l'épidémie est en régression. Il y a plus de personnes qui ont accès au traitement que de personnes nouvellement infectées chaque année.


VIH : nouveaux cas en hausse en Europe de l'Est et en Asie centrale 

Le Centre européen de prévention et contrôle des maladies (CEPCM) de Stockholm a annoncé une augmentation (correspondant à 131 000 nouveaux cas) qui s'explique par une hausse de 9 % des nouveaux cas en Europe de l'Est et en Asie centrale (102 000 nouveaux cas, dont 76 000 pour la seule Russie).

Dans l’Union européenne, les nouveaux cas ont augmenté de moins de 1 % (29 000 cas). Près de la moitié des nouveaux cas a été dépistée à un stade avancé de l'infection.

Les institutions, auteures de ce rapport, déplorent des diagnostics tardifs, l'insuffisance des mesures de prévention et la pénurie de traitements antirétroviraux. "Nous savons que les traitements antirétroviraux permettent aux personnes infectées de vivre plus longtemps avec le VIH et en meilleure santé et que cela réduit pour elles le risque de transmission", a commenté la directrice de l'OMS en Europe, Zsuzsanna Jakab.

Entre 2006 et 2012, les nouveaux cas de sida ont diminué presque de moitié (- 48 %) en Europe de l'Ouest, alors qu'en Europe de l'Est et en Asie centrale ils ont plus que doublé (+ 113 %).  Selon le rapport, seule une personne atteinte sur trois bénéficiait de médicaments antirétroviraux en 2012. C'est mieux qu'en 2011, mais cela reste très loin du compte. En 2011, 2,3 millions de personnes vivaient avec le VIH en Europe et en Asie centrale, d'après l'OMS.

 

Gays/bisexuels, injecteurs de drogues

Mais si le nombre d'infections baisse dans la plupart des régions du monde, celles chez les gays/bisexuels continuent d'augmenter dans plusieurs régions, notamment en Asie, où la transmission entre hommes est l'une des composantes majeures de l'épidémie dans plusieurs pays. L'Onusida estime que les hommes ayant des rapports sexuels entre eux ont 13 fois plus de risques d'être porteurs du VIH que la population générale, d'où le besoin d'orienter les programmes de prévention vers ce groupe et d'ailleurs vers tous les groupes les plus vulnérables.

 

Ainsi dans le monde, les injecteurs de drogues comptent pour 5 à 10 % des personnes séropositives. Ce chiffre varie selon les régions (Europe de l'Est : 5 %, Asie : 28 %). Selon l'Onusida, il y a un manque clair et fort d'engagement des autorités politiques pour contrer ces tendances.

 

Femmes et VIH

 Les violences à l'égard des femmes, phénomène mondial, augmentent le risque d'acquérir le VIH. Parmi les 50 pays ayant des données sur le sujet, entre 9 et 50 % des femmes de 15 à 49 ans indiquent avoir subi une violence sexuelle avec leur partenaire intime dans les 12 derniers mois.

 

Chaque heure, 50 jeunes femmes sont infectées par le VIH dans le monde.


Les médicaments pour sauver les vies

Grand combat des années 90 et 2000, le prix des médicaments anti-VIH de première ligne est aujourd'hui autour de 140 dollars par an dans les pays pauvres alors qu'il était de 10 000 dollars dans les années 90. 9,7 millions de personnes avaient accès aux antirétroviraux dans les pays émergents et pauvres à la fin 2012. Cette seule année a vu la mise sous traitement de 1,6 million de personnes supplémentaires. C'est encore trop peu pour casser l'épidémie. La couverture en médicaments anti-VIH reste donc insuffisante : seulement 34 % des 28,6 millions de personnes éligibles au traitement y ont accès dans les pays intermédiaires et pauvres. La couverture des jeunes est moitié moindre. 16 millions de personnes sont en besoin urgent et vital de traitement, sans y avoir accès.

La mise en place des programmes d'accès aux médicaments anti-VIH dans les pays pauvres a pourtant permis une baisse importante de la mortalité.

Près de 1,6 millions de personnes sont mortes du sida en 2112 contre 2,3 millions de personnes en 2005.

(Lire notre article Ton traitement : Tulorapa 200MG )

En Afrique subsaharienne, l'accès aux antirétroviraux reste très inégal et insuffisant. Au Botswana, au Rwanda, en Afrique du Sud, 80 % des femmes enceintes séropositives ont accès à aux antirétroviraux, moins de 50 % d'entre-elles dans d'autres pays : Angola, Bénin, Tchad, Congo...).

 

2,1 millions de jeunes touchés dans le Monde par le VIH

C'est le chiffre marquant de cette année fourni par l'Organisation mondiale de la santé dans un rapport proposant de nouvelles recommandations pour pallier à ce désastre. Beaucoup de ces jeunes ne reçoivent pas de soins ni n'ont accès à des structures médicales qui leur seraient adaptées. Le taux de mortalité des jeunes vivant avec le VIH a augmenté de 50 % entre 2005 et 2012, alors même qu'il a baissé dans la population adulte du fait de la mise en place de programmes d'accès aux traitements anti-VIH. Ainsi, 104 000 jeunes sont morts du sida en 2012. 

 

La grande majorité de ces jeunes, principalement des filles, vit en Afrique subsaharienne et en Asie. 10 % des adolescents et 15 % des adolescentes d'Afrique  subsaharienne  vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique. L'OMS recommande de changer les lois empêchant de faire un test sans le consentement des parents.

Sources : Onusida, OMS, Centre européen de prévention et contrôle des maladies (CEPCM) de Stockholm