En direct de la 19e conférence internationale sur le VIH/sida (IAS 2012) qui se déroule en ce moment à Washington DC ! Alors que la prévention du VIH vit une révolution, grâce à l'efficacité préventive des antirétroviraux, et que l'accès universel au traitement pourrait mettre un terme à trente ans de pandémie, les inégalités continuent de se creuser au Sud. Avancées thérapeutiques, baisse des financements accordés au Fonds mondial de lutte contre le sida, pénalisation de l'homosexualité, inégalités en tous genres et nouveaux enjeux de la lutte contre le VIH/sida... Avec AIDES, suivez l'IAS 2012 au jour le jour.
26 juillet 2012. Interpellée par des militants anti-sida, dont les responsables de AIDES et Act Up, lors de sa visite sur le stand France, hier, Marisol Touraine a accepté d'échanger avec eux sur l'interdiction de dispenser des soins funéraires aux personnes séropositives et la baisse des crédits alloués aux associations. Forcée d'accepter le fait que les experts, dont le Conseil National du Sida (CNS), sont pour la levée de cette interdiction de soins funéraires, la ministre de la Santé a réaffirmé son engagement devant les caméras mais a refusé de le faire par écrit.
26 juillet 2012. Des militants de AIDES, Coalition PLUS et leurs partenaires ont participé à la marche internationale contre le VIH/sida du 25 juillet 2012 à Washington. Julie, Khalil, Simon et leurs coéquipiers étaient dans le cortège qui plaidait en faveur d'une taxe sur les transactions financières internationale (TTF ou Taxe Robin des Bois). En résumé ? Une drôle d'ambiance dans ce pays riche qui se préoccupe peu de ses malades mais un appel plein d'espoir qui semble avoir été entendu par les dirigeants politiques.
26 juillet 2012. La grande marche qui a envahit les rues de Washington hier, pour se terminer au pied de la Maison Blanche, était composée de cinq cortèges. Les militants qui appelaient à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières (TTF ou Taxe Robin des Bois) dont les fonds seraient reversés à la lutte contre le sida (et qui ont tenté de pénétrer dans la banque centrale américaine), ceux qui demandaient la fin de la chasse aux travailleurs du sexe et usagers de drogues, ceux qui tenaient à rappeler que les séropositifs ne sont pas des criminels... Tous se se sont unis contre les discriminations et pour la fin du sida.
26 juillet 2012. Michel Kazatchkine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, principal financeur de la lutte contre ces trois pandémies dans les pays pauvres, vient d'être nommé Envoyé spécial pour le VIH/sida en Europe orientale et Asie centrale. Très apprécié par les militants du monde entier pour ses dix ans de travaux à la tête du Fonds mondial, il rencontre ici le Dr Aliou Sylla, Président de l'association malienne ARCAD-SIDA.
Communiqué. La situation du VIH/sida en RDC, où 1 million de personnes vivent avec le VIH/sida, invite à la mobilisation la plus large. 430 000 sont éligibles au antirétroviraux mais seules 50 000 y ont accès, soit une couverture de moins de 15 %. La stratégie nationale prévoit l’accès universel au traitement en 2015, là où les programmes financés par le Fonds mondial ont comme objectif de parvenir à 92000 personnes à la fin de 2014. L’engagement de l’Etat congolais est insuffisant, malgré de récentes déclarations positives pour 2012 et 2013, qui demandent encore à être concrétisées. Certains bailleurs de fonds extérieurs se désengagent du pays, là où la situation appelle à un investissement massif.
26 juillet 2012. Questionnée sur les futurs financements de l'Agence nationale de recherche contre le sida et les hépatites virales, dans un contexte budgétaire contraint, la ministre française de la recherche Geneviève Fioraso, s'est voulue rassurante. "Je ne suis pas inquiète sur l'avenir des recherches de l’ANRS, qui sont suffisamment exemplaires pour qu’on les encourage", a-t-elle déclaré avant de préciser que les arbitrages n’étaient "pas terminés". Avec un budget de 45 millions d'euros (environ 110 millions en intégrant les salaires), la recherche française VIH / hépatites se place au 2e rang ou 3e rang mondial. La part de recherches hépatites est passée de 5 % en 2005 à 22 % en 2011, ce à budget constant.
25 juillet 2012.16h. Une quarantaine de militants défilent en silence pour protester contre le manque d'accès aux antirétroviraux en République Démocratique du Congo. Cette manifestation grave, au milieu des stands, est applaudie puis se dirige vers le "centre média" où les journalistes sont en train de travailler. Les manifestants rappellent que, dans ce pays où plus d'1 million de personnes vivent avec le VIH, 1 sur 8 n'a pas accès à une prise en charge médicale. Le gouvernement de RDC avait demandé aux bailleurs internationaux de cesser leurs soutiens financiers en déclarant qu'il allait s'occuper seul de cette question et n'a pas tenu ses engagements. Résultat : une situation sanitaire catastrophique.
25 juillet 2012. 63 % des jeunes de 15-24 ans vivant avec le VIH/sida sont des femmes. 1,2 million de jeunes filles et de femmes ont contracté ce virus en 2011. Sur les 2,2 millions d'adolescents recensés séropositifs en 2011, 1,3 million étaient des filles... Les femmes sont plus vulnérables au VIH que les hommes à cause de facteurs biologiques mais aussi sociaux et culturels. Accéder à la prévention, décider de ses relations intimes, imposer le préservatif à son partenaire... De nombreuses femmes n'en ont pas la possibilité. Protéger les droits des femmes et mettre fin aux inégalités : ces deux points font pourtant partie des leviers indispensables à l'arrêt de l'épidémie.
25 juillet 2012. Des activistes américains organisent un zapping autour du stand du laboratoire Gilead pour protester contre le coût des médicaments antirétroviraux. Alignés autour du stand aménagé en "scène de crime" pour symboliser la responsabilité des grandes firmes pharmaceutique, qui refusent de céder leurs médicaments anti-VIH à un prix abordable aux pays les plus pauvres, ils rappelent que la baisse du prix des médicaments permettraient de sauver des vies.
24 juillet 2012, 15h (US) : top départ de la grande marche contre le sida
Communiqué. Laurent Fabius sape les ambitions du Président de la République ! Hier, à Washington, François Hollande annonçait en grande pompe la mise en place d'une taxe sur les transactions financières (TTF) pour mettre fin au sida. Auditionné en ce 24 juillet par la Commission des Affaires étrangères, Laurent Fabius a lui déclaré vouloir n'affecter que 10% de cette taxe au développement !
"Nous sommes très loin du compte", déclare Bruno Spire, Président de AIDES. "Hollande semblait vouloir se donner les moyens de mettre fin à l'épidémie, mais Fabius est venu doucher les espoirs des malades !" 10% de cette taxe, ce sont à peine 100 millions pour les urgences mondiales, soit 1% de l'aide française annuelle au développement. "Ce n'est pas avec 1% d'augmentation que nous parviendrons à en finir avec le sida. On attendait des actes forts après les déclarations volontaristes de François Hollande, et c'est un pourboire que Laurent Fabius propose aux malades", constate Stéphane Simonpietri, directeur des programmes internationaux à AIDES.
AIDES appelle le gouvernement à aller au delà du symbole, en faisant de cette taxe une véritable arme au service de la lutte contre le sida et des grandes urgences mondiales. "On ne vaincra pas le sida avec un pistolet à bouchon", conclut Bruno Spire. "Plus de 7 millions de personnes ont un besoin urgent de traitement pour survivre. C'est d'abord à cela que la TTF doit servir".
24 juillet 2012. 13 manifestants ont été interpellés par la police de Washington, juste après la grande marche qui a défilé dans les rues de la capitale. Accusés d'avoir accroché des rubans rouges, préservatifs, seringues aux grilles de la Maison Blanche et de ne pas avoir obéit quand la police leur a demandé de quitter les lieux, tous ont été emmenés au poste. Ils ne demandaient qu'une chose : plus de moyens pour lutter contre la maladie et une meilleure protection des personnes séropositives. Photo de Boyuan Gao (http://bit.ly/QhHDEF)
23 juillet 2012. Alors qu'il vient inaugurer le village associatif de la conférence, le maire de Washington, Vincent Gray, affronte les critiques d'activistes américains. "Nous voulons un vrai plan de lutte contre le sida à Washington. Il y a des personnes qui sont sur liste d'attente pour accéder aux médicaments anti-VIH. Honte à vous !" Vincent Gray leur répond : "Que l'on soit d'accord ou pas, il est important de militer pour lutter contre l'épidémie ! Merci aux militants." La salle siffle. A Washington, l'épidémie est extrêmement présente, presque aussi forte qu'en Afrique.
AIDES et les associations de lutte contre le sida l'attendent depuis plus de dix ans : la taxe sur les transactions financières entrera en vigueur le 1er août 2012.
Dans un message vidéo diffusé ce matin, 23 juillet 2012, pendant la 19e conférence internationale sur le VIH/sida, à Washington, François Hollande s'est en effet engagé à mettre en place et soutenir ce type de financements innovants.
23 juillet 2012. Arrivée chaudement applaudie pour Hilary Clinton, qui a salué la salle d'un "Bienvenue aux USA" et rappelé le fait que les personnes séropositives étrangères sont depuis peu autorisées à entrer aux Etats-Unis. "Je veux réaffirmer l'engagement de mon gouvernement. C'est un combat qu'on peut gagner," a-t-elle rappelé en expliquant qu'une génération sans sida, où aucun enfant ne naît avec ce virus, où les adultes ont tous les moyens de se protéger et où toutes les personnes qui en ont besoin ont accès à un traitement antirétroviral, est possible.
22 juillet 2012. Les patrons d'une vingtaine de multinationales demande la liberté de circulation pour toutes les personnes séropositives. "Dans le paysage concurrentiel actuel, où les voyages d'affaires à travers le monde sont capitaux, nous devons pouvoir envoyer nos talents partout où on a besoin d'eux," lance le patron de Levi Strauss, Chip Bergh. "Nous appelons tous les pays ayant encore ce genre de restrictions à les lever immédiatement". H&M, Gap, Coca Cola, ou encore les laboratoires Merck et Bristol-Myers Squibb, participent à cette campagne. Michel Sidibe, directeur exécutif de l'Onusida, a par ailleurs rappelé qu'il n'existe "aucune preuve que ce genre de restrictions aide à protéger la santé publique."
Communiqué. De plus en plus de malades développent des résistances aux antirétroviraux de première ligne dans les régions les plus pauvres du monde, principalement en Afrique australe et orientale (+29% de résistances par an).
Un traitement qui ne fonctionne plus, c'est une charge virale qui explose et des vies directement menacées. Sur le plan collectif, ce sont des souches virales résistantes qui circulent, à une rapidité exponentielle et extrêmement inquiétante.
Il est temps de permettre un meilleur accès aux traitements de 2nde et de 3e ligne. "Nous devons cesser de proposer des traitements aux malades du Sud que plus personne n'oserait prescrire dans les pays du Nord. C'est à la fois indécent sur le plan éthique et dangereux sur le plan de la santé publique. Une étude vient de le confirmer" déclare Bruno Spire, président de AIDES.
AIDES appelle les pays du Nord à accroître leur financements au Fonds mondial et à faire pression sur les lobbys pharmaceutiques. Pour éviter la diffusion de virus résistants et permettre l'accès à des traitements de qualité, il faut faciliter le génériquage et l'ouverture des brevets dans les pays en développement.
20 juillet 2012. "Il y a beaucoup de confusion et d'excitation à propos des traitements qui permettraient de guérir du VIH. Un journaliste m'a appelé en me disant : ça y est, on va avoir un traitement curatif à la conférence mondiale la semaine prochaine. J'ai dû lui expliquer qu'il s'agissait simplement de la nouvelle stratégie mondiale, définissant ce qu'on sait et ce qu'on doit apprendre, et qu'il était impossible de savoir quand on disposerait d'un traitement curatif." Tony Fauci, pionnier du VIH et directeur de l'institut américain des allergies et des maladies infectieuses, le 20 juillet 2012 au symposium Towards an HIV Cure.