Poitiers, Nice, Marseille : Geoffrey a découvert les locaux AIDES de sa région au fil des déménagements. Arrivé dans le seul but de s'informer sur le VIH et les hépatites virales, à dix-huit ans et sur les conseils d'une amie, il a découvert un milieu convivial qui répondait à ses attentes et a choisi de devenir militant trois ans plus tard. Baccalauréat, université, loisirs, actions militantes et prise de responsabilités : le jeune homme a su concilier les indispensables de la vie étudiante avec ceux de la vie associative pour combattre les freins qui entravent encore la lutte contre ces épidémies et apporter, à sa manière, sa pierre à l'édifice !
A dix-huit ans, comme beaucoup de jeunes hommes gays, Geoffrey fréquentait d'autres garçons et consommait parfois des produits psycho-actifs. La mère d'un ami, volontaire à AIDES Poitiers, lui a proposé de venir discuter avec des militants dans les locaux de l'association. "J'avais entendu parler de AIDES, mais pas plus que ça," explique-t-il. "C'était en 2000, je m'apprêtais à passer le baccalauréat, je ne sortais pas vraiment dans les lieux de rencontres gays, la lutte contre le VIH et les hépatites ne me parlait pas spécialement mais, en parlant de mes pratiques avec les militants, j'ai compris qu'il y avait des choses à faire, à construire et des messages à faire passer." Geoffrey explique que cette démarche lui a permis de rencontrer des personnes issues de milieux divers. "Trois ans après, je suivais la formation dédiée aux futurs volontaires, à Bordeaux, et je commençais ma mission de volontariat."
En 2006, Geoffrey a quitté Poitiers pour s'installer à Nice avec son compagnon, puis il a quitté Nice en 2009 pour s'installer à Marseille. "J'ai retrouvé à AIDES Nice le cadre accueillant et sécurisant que j'avais connu à Poitiers, je me suis investi sur les actions Migrants, je suis devenu trésorier en 2007 puis président de la délégation de Nice en 2009." Il étudiait, en parallèle, la sociologie et l'histoire de l'art. "Etre étudiant et volontaire a été très facile. On choisit un peu ses matières, on s'organise en fonctions des activités extra-scolaires qui nous attirent… Pendant les trois années qui ont précédé ma formation à Bordeaux, je n'étais d'ailleurs ni vraiment accueilli ni vraiment volontaire. J'avais envie de m'impliquer mais aussi de prendre du bon temps et de faire la fête. Je n'avais pas le temps de suivre cette formation car je travaillais pendant les vacances… Mon engagement a vraiment pris forme quand je suis entré dans la vie professionnelle."

Il fait des rapprochements entre cette vie professionnelle et son volontariat : "On pourrait croire que les deux n'ont rien à voir mais tout est complémentaire. J'ai étudié le socio-éducatif, le tourisme, le management, j'ai mené un projet dans une structure de lutte contre l'illettrisme, j'ai été responsable d'un centre de loisirs… La méthodologie reste la même quand on construit un projet à AIDES." Après dix ans de militantisme, Geoffrey a quand même mis ces projets entre parenthèses. Il explique qu'il est aujourd'hui "en carte verte," une carte qui permet de faire une pause à deux ou trois reprises au cours de la mission de volontariat et de ne plus être sollicité par l'association pendant cette pause. Idéal pour se concentrer sur un autre projet même s'il ne peut s'empêcher de garder un pied dans l'association. "J'ai envie de mener à bien la journée Idaho – la journée internationale contre l'homophobie -, le 17 mai prochain, de développer la transversalité entre les actions Migrants et Gays, les partenariats avec de nouvelles structures associatives et de nouveaux commerces…"
La suite ? C'est en réflexion. "La vie d'un militant n'est pas linéaire. On passe par des hauts, des bas, des moments de doutes, de remise en question, mais on peut toujours trouver des interlocuteurs au sein de l'association quand on a besoin d'être re-sécurisé dans son engagement." Il encourage ceux qui sont ou se sentent concernés par la lutte contre le sida et les hépatites virales à rejoindre l'association et fait un bilan satisfaisant de son parcours : "Il existe encore de nombreux freins, comme le contexte socio-économique et la stigmatisation, qui empêchent les personnes de se rapprocher du milieu associatif. Les notions d'engagement, de mobilisation, moi-même, je ne les comprenais pas bien quand j'avais dix-huit ans mais il y a plein de belles choses qui se construisent au long d'un parcours militant et ça vaut le coup d'être vécu ! Devenir militant se fait à son rythme, c'est toute une démarche, et cette démarche prend tout son sens quand on comprend que chacun peut apporter sa pierre à l'édifice."
Propos recueillis en mars 2012