Avant un cours de boxe, après l'atelier socio-esthétique ou entre deux plongeons dans la piscine de l'établissement, les soixante participantes présentes aux rencontres Femmes Séropositives en Action (29 septembre – 2 octobre 2011) étaient conviées à des ateliers continus. Quatre modules d'une heure ou deux pour retrouver confiance en soi, réaliser que l'on a des connaissances, des capacités, et qu'il est possible de les mettre à profit pour améliorer ses conditions de vie. Amitiés naissantes, fous rires et émotions.
Le jeu de la corde - Rencontres Femmes... par AIDES-association
Vendredi 30 septembre 2011, 10h15. Le groupe 1, une dizaine de femmes d'horizons divers, a rendez-vous dans la salle Il Giardino, au fond du grand parc qui héberge les bungalows et à quelques pas de la piscine. La baie vitrée laisse entrevoir des vacanciers en pleine séance d'aquagym, scénette attirante en ce bel été indien, mais nos participantes ont une autre mission. Assises en cercle, face au tableau blanc, elles réfléchissent au premier thème de l'atelier "Confiance en moi" : qu'est-ce que la véritable beauté ? Les traitements anti-VIH ont modifié l'apparence de beaucoup d'entre elles – "je ne ressemble pas aux filles des magazines, donc je suis moins bien ?" – mais la maladie a aussi altéré l'estime qu'elles avaient de leur personne, accentué la pression et le besoin de ne pas s'éloigner de la norme, brouillé les frontières entre les vraies valeurs et les valeurs imposées.

En petits groupes, elles s'attaquent à l'atelier "collage", parcourent des magazines féminins et confrontent leurs points de vue. "La beauté, c'est le partage, l'amour, l'amitié. Ce n'est pas l'apparence et les images superficielles". Le bonheur et la joie de vivre apparaissent comme une priorité. Pour Amy, retraitée d'origine africaine, "la beauté c'est le sourire". Elle a choisi la photo d'un couple "naturel et amoureux," d'une petite fille qui embrasse sa mère, mais elle a écarté la photo d'un couple de célébrités sur tapis rouge parce que, "au fond du cœur, ça ne paraît pas". Amy porte un voile. La photo d'une mannequin voilée aux commandes d'une moto l'a beaucoup impressionnée mais les mots lui manquent. Disons qu'elle est "un peu libre". Après la mise en commun des réflexions, les femmes choisissent de créer un slogan à partir des mots entendus. Finalement, "la véritable beauté, c'est le bonheur de partager et de combattre ensemble pour nous, femmes de toutes natures, toujours avec le sourire, en étant passionnées et remplies de tendresse sans oublier de prendre soin de nous".
Pour comprendre qu'il est possible de transformer leurs savoirs individuels en un pouvoir collectif, les participantes enchaînent avec un atelier surprenant mais efficace. Divisées en deux équipes et armées de feuilles de papier blanches, elles doivent construire "la plus haute tour possible". Pas la plus haute, non. Ce qui compte, c'est d'avoir ce que l'on peut avec ce que l'on a. Le résultat, bien que drôle et bancal, prouve que l'on peut faire quelque chose à plusieurs mais ce qui est intéressant ici, c'est d'analyser la façon dont elles ont travaillé. Ghislaine s'était proposée pour être "l'observatrice" de son groupe, celle qui regarde les autres construire la tour. Voyant ses camarades dans l'embarras, elle a eu envie d'intervenir, elle a essayé de donner son avis, mais n'a pas été écoutée et a trouvé cette mise à l'écart brutale, "frustrante". Elle explique que c'est toujours comme ça, qu'elle a du mal à s'imposer et s'en accommode même si cela peut s'avérer difficile. Dans le second groupe, c'est l'inverse. Emma n'avait pas choisi d'être observatrice, elle avait envie de participer à cette construction mais n'y est pas parvenue et s'est tenue à l'écart. "Laisser la place aux autres, c'est faire le choix de les laisser agir à notre place," rappelle l'animatrice. "Il est possible de changer de place."
Le lendemain matin, les deux groupes doivent s'imaginer sur un navire en train de sombrer et choisir dans une liste d'objets ceux qu'elles veulent à tout prix sauver pour tenter de survivre sur l'île déserte qui se dessine au loin. La décision finale doit relever d'un consensus… et un des groupes a choisi de conserver une boîte de maquillage. Là encore, ce n'est pas la liste des objets choisis mais la manière dont les participantes sont parvenues à convaincre leurs camarades qu'il faut analyser. Comment une seule, deux ou trois personnes sont-elles parvenues à convaincre tout un groupe ? Avec quelle force de persuasion et quels arguments ont-elles réussi à lui faire accepter une telle idée ? Après avoir réalisé qu'un peu d'entraînement peut aider à se faire entendre, les participantes se donnent rendez-vous pour le dernier atelier : un "jeu de la corde" qui renforcera un peu plus les liens qui se sont créés pendant ces rencontres et conclura cette journée ensoleillée par de francs éclats de rire. Après tout, le VIH ce n'est pas "la fin de la vie" mais "la faim de la vie" !
Deux participantes s'affrontent sur le ring sous le regard bienveillant de Cindy Orain, championne de boxe féminine invitée aux Rencontres FSA

(Re)plongez au coeur des rencontres Femmes Séropositives en Action
LES RENCONTRES : QUATRE JOURS POUR CONSTRUIRE ENSEMBLE
4 jours, 60 femmes et combien de forces ?
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L'AVANT-RENCONTRES : PRESENTATION DU PROJET
Pourquoi les rencontres Femmes Séropositives en Action ?
Au programme des rencontres Femmes Séropositives en Action
1984 - 2011 : la place des femmes dans AIDES
Femmes et VIH : de multiples précarités tardivement prises en compte

Cette rencontre est organisée avec le soutien de l'ANCV - Chèques vacances