AIDES et les associations de lutte contre le sida du monde entier l'attendent depuis plus de dix ans : la taxe sur les transactions financières française entrera en vigueur le 1er août 2012.
Dans un message vidéo diffusé ce matin, 23 juillet 2012, pendant la 19e conférence internationale sur le VIH/sida, à Washington, François Hollande s'est en effet engagé à soutenir ce type de financements innovants. La part qui sera affectée à la lutte contre le sida reste inconnue mais cette initiative a le mérite de montrer l'exemple !
La taxe sur les transactions financières, ou Taxe Robin des Bois, a été imaginée par des organisations non gouvernementales dans le but de financer la lutte contre les inégalités Nord/Sud. Selon le schéma proposé par la Coalition Plus, prélever 0,05% sur chaque transaction financière suffirait par exemple à soulever 12,5 milliards de dollars chaque année, sans affecter le contribuable et sans aucun danger pour l'économie. Cette taxe, qui fait de nouveau parler d'elle depuis l'arrivée de la crise économique, entrera enfin en vigueur. Le Président de la République l'a annoncé en personne et il semble décidé à respecter ses engagements.

"Arrêter l'épidémie de sida dans le monde, c'est possible," a déclaré François Hollande dans ce message vidéo, sous-titré en anglais, s'adressant aux milliers de journalistes et militants venus assister à la conférence IAS 2012. "D'abord en faisant travailler ensemble les milieux de santé, les organisations internationales, les associations de lutte contre le sida et les organisations non gouvernementales. Ensuite, en accroissant encore les efforts pour mettre au point un vaccin et développer toujours davantage la prévention. Egalement en facilitant l'accès au dépistage pour réduire l'incidence de l'infection dans tous les pays quelques soit le mode de diffusion. En permettant un accès au traitement pour diminuer les risques de transmission. Enfin, en concentrant nos efforts pour protéger les populations les plus vulnérables."
Car le Président l'a bien compris : les pays en développement, et en particulier l'Afrique subsaharienne qui concentre à elle-seule deux-tiers des personnes vivant avec le VIH dans le monde et plus de trois quarts des décès liés au sida, ne pourront mettre un terme à l'épidémie sans le soutien des pays occidentaux. "C'est la solidarité entre les nations qui est en jeu, ce qui suppose l'implication des pays les plus riches envers les plus démunis. C'est grâce à cet engagement, que je peux ici renouveler au nom de la France, que nous parviendront à parcourir la seconde moitié du chemin, la plus difficile : traiter non seulement 7 millions de personnes mais 15 millions de malades du sida." La salle applaudi une première fois.
"La France, depuis la création du Fonds mondial de lutte le sida, la tuberculose et le paludisme, et celle d'UNITAID, prend une large part à cette oeuvre commune," a continué le Président. "Elle est deuxième contributeur financier du Fonds mondial, et elle entend poursuivre sa diversification mais aussi la diversifier. Nous voulons créer des financements innovants, supplémentaires." Les militants, qui ont deviné la suite du discours, applaudissent plus fort. "C'est le sens de la taxe sur les transactions financières que mon pays a décidé d'implémenter à partir du 1er août 2012. Au G20 et au Sommet de Rio, j'ai proposé d'élargir cette taxe à l'échelle de l'Europe et du monde de façon à ce que nous puissions verser des sommes nouvelles à la lutte contre le sida. Dans un contexte, que je sais difficile sur le plan économique et financier, l'engagement des états et des donateurs est indispensable... Il dépend désormais de nous d'arrêter l'épidémie de sida. Si nous le décidons, nous le pouvons."
"Nous saluons le volontarisme politique du Président de la République, le seul jusqu'à présent qui ait pris des engagements financiers concrets dans le cortège de déclarations d'intentions qui ont émaillé la cérémonie d'ouverture de la conférence AIDS2012," déclare Bruno Spire, Président de AIDES. Il faut maintenant passer de la déclaration à la mise en place concrète. AIDES veillera à ce que cette annonce se traduise le plus vite possible en financements permettant d'atteindre l'objectif que la communauté internationale s'est fixée : placer sous traitement antirétroviral les 15 millions de personnes séropositives qui en en ont besoin.