Qu'il fasse sourire, qu'il remonte le moral ou qu'il vous arrache une larme, ce petit spot vidéo n'a pas pu vous échapper.
"La Piscine" est un projet inédit, une vidéo qui a été imaginée, tournée et montée en moins de trois jours par un groupe de femmes séropositives et quelques militants de AIDES pendant les rencontres Femmes Séropositives en Action, en septembre dernier. Pour aides.org, deux d'entre elles ont accepté de revenir sur cette expérience.
"L'idée de la piscine est venue parce que la plupart d'entre nous participions à un groupe de travail sur la beauté et l'estime de soi pendant ces quelques jours de rencontres," explique Nicole. "Beaucoup de femmes ont des soucis à cause de la lypodystrophie (migration des graisses vers certaines parties du corps) : nous voulions montrer qu'il est possible de se sentir belle malgré les effets indésirables des médicaments." Nicole est mère de deux enfants. Elle explique que le fait de devoir garder sa séropositivité secrète a un impact très négatif sur la qualité de vie des personnes séropositives et celle de leurs proches. "L'impact sur l'estime de soi est très important. Même sans lypodystrophie, on y pense tout le temps, on a l'impression que les autres vont le deviner, que ça voit quand on sort dans la rue, que c'est marqué sur le front !"
La piscine, vidéo réalisée par les participantes... par AIDES
En choisissant de se montrer en maillot de bain, presque nues, dans cette vidéo, les participantes aux rencontres Femmes Séropositives en Action (FSA) se sont pourtant dévoilées de manière très courageuse. "Ce n'était pas vraiment prévu, mais le fait de se montrer en maillot a donné une dimension vraiment intime à cette vidéo. C'était aussi comme un défi. Il fallait aller jusqu'au bout. De fil en aiguille, dans la solidarité, grâce aux échanges, aux discussions, certaines filles qui n'étaient pas prêtes à se montrer se sont lancées et tout s'est très bien passé," confirme Liliane, une autre participante. "Je suis par exemple très maigre. Aller à la plage, c'est très difficile pour moi mais, là, avec d'autres femmes concernées et sensibilisées à cette question, je me suis sentie à l'aise." Elle sourit : "Il faut dire qu'il faisait beau, on était dans un très bel établissement, avec cette piscine, on avait très peu de temps de repos car les ateliers de travail étaient denses... Ce projet de vidéo, c'est l'occasion d'en profiter !"
Nicole acquiesce. "C'est vrai que c'est un acte très fort mais cela ne nous a pas dérangées car nous avions de vrais messages à faire passer. Nous avons pu montrer que le fait de se baigner dans la même eau qu'une personne séropositive n'est pas un mode de contamination. Certaines participantes n'ont pas voulu montrer leur visage, c'est vrai, elles n'avaient pas encore fait le travail personnel que nous autres avons fait. Mon parcours de vie a fait que je suis libérée de certains préjugés et prête à assumer ce virus." Liliane a également tourné à visage découvert : "Quelques personnes de mon entourage étaient au courant de ma séropositivité, surtout des amis très proches, mais très peu. Depuis ces rencontres, j'ai de plus en plus de facilité à en parler. J'arrive à le dire même à des gens à qui je ne me serais pas confiée auparavant et jusqu'à présent, j'ai eu de la chance, cette annonce a été bien reçue."

"Il y a quelque chose d'assez contradictoire : les personnes séropositives ne vivent pas pour elles, elles vivent pour les autres, elles se soucient de ce que les autres pensent, et c'est dommage," continue Nicole. "Cette expérience m'a aidé à montrer que je suis une femme comme les autres, que j'ai le droit de me faire plaisir, de me mettre en maillot de bain, de porter une mini-jupe... Je me fais des soirées télé. Comme tout le monde ! Il faut trouver un moyen de vivre pour soi !" Liliane conclut : Le choix de tourner dans cette piscine a été fantastique. Dans l'eau, on se sent plus libre. Certaines filles ne savaient pas nager, d'autres ont essayé de leur apprendre, il y a eu des éclats de rire et cela a créé une complicité énorme ! De manière générale, ces quelques jours de rencontres ont été fabuleux. Je me suis sentie vraiment chez moi. Et toutes ces femmes, toutes ces guerrières..! Je regrette de ne pas avoir réussi à garder contact avec elles, nous avons toutes nos occupations extérieures, nous venions des quatre coins de la France, mais j'ai hâte de revivre ce genre d'expérience et j'espère de tout coeur les retrouver un jour."
Depuis sa création, en septembre 2011, La Piscine a depuis été présenté dans plusieurs conférences sur le VIH/sida et a, à chaque fois, reçu un très bel accueil. Le message des femmes qui y ont participé est clair : se montrer, ne plus avoir honte, crier son droit d'exister comme les autres et avec les autres ! Rejoignez leur combat, rendez-vous sur notre page Dailymotion pour diffuser et faire connaître cette belle initiative !

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