TROD : une semaine à Paris

27 Juin 2011

La semaine de la santé sexuelle et du dépistage s'achève. Du 21 au 26 juin 2011, dans le 3e arrondissement de Paris, les passants ont pu croiser un mini-bus aux couleurs de AIDES. A l'extérieur : une quinzaine de militants formés au dépistage communautaire à résultat rapide. A l'intérieur : tout le matériel nécessaire à cette pratique...

 
C'est le premier grand événement dédié au dépistage communautaire, aussi appelé test rapide d'orientation diagnostic (TROD), depuis la reconnaissance officielle de cette pratique par les autorités françaises en novembre dernier. Il n'est plus obligatoire de se rendre dans une structure médicale pour connaître sa sérologie au VIH. Il n'est plus obligatoire de s'adresser à un soignant, de patienter plusieurs jours, d'avoir à revenir pour récupérer son résultat...
 
Après des années de recherche et de pratique expérimentale, notamment grâce aux projets Com'test et Drag'test, les compétences des militants dans ce domaine sont enfin reconnues. Un à un, les différents territoires d'action de AIDES se mettent au dépistage. Dans les locaux, ou sur le terrain, l'affluence semble confirmer que l'action était attendue. En témoigne le mini-bus de la rue Rambuteau.
 
 

 

Après l'inauguration du lundi 20 juin, en présence de Pierre Aidenbaum, maire du 3e arrondissement, et de ses adjoints, le bus s'est fait une place de choix en plein coeur du Marais. "On a choisi de s'installer ici parce que l'action s'adresse aux hommes gays," souligne Christophe, militant à AIDES Paris. "La prévalence du VIH est particulièrement élevée dans cette population, peut-être encore plus dans la capitale." Prevagay, grande enquête menée auprès des hommes qui fréquentent les lieux de drague gays parisiens (Institut national de veille sanitaire, 2009), a en effet révélé que 20% des répondants séropositifs ne connaissaient pas leur statut sérologique. mais leur accès à la prévention et aux soins reste limité.
 

 

 
"L'avantage, c'est qu'ici ils rencontrent des personnes qui leur ressemblent : des gays, des bi, des trans, séronégs ou séropos..." explique Khafil, un autre militant du bus. "On peut les accueillir sans préjugés mais aussi leur apporter un peu de notre propre expérience." Pratiquer cette forme de dépistage, c'est aussi un acte militant. "On parle de transformation sociale ? Cet acte va permettre de démocratiser le dépistage du VIH. C'est aussi ça être acteur de santé communautaire : rejoindre un mouvement collectif pour répondre aux besoins des personnes et faire changer les choses." Déjà, l'arrivée du bus semble avoir défait quelques blocages. Les organisateurs qualifient l'opération de "véritable succès" et confient qu'ils ne s'attendaient pas à recevoir autant de visites.
 

Sofiane, 25 ans, embarque dans le bus de AIDES pour
un test rapide d'orientation diagnostic (TROD)

 
"Nous avons reçu un super accueil, de la part de la mairie du 3e comme du public," raconte Nicolas. "Dès le premier soir, des personnes faisaient la queue devant le bus. Cela démontre tout l'intérêt de notre présence." "Nous avons rencontré des jeunes de 19, 20 ans, qui ont une vie sexuelle depuis plusieurs années mais qui faisaient leur tout premier test. Ils auraient peut-être attendu encore plus longtemps pour un dépistage classique," confirme Christophe. "Et puis, nous ne sommes pas des médecins. En cas de résultat positif, la personne est orientée vers une structure médicale pour un test de confirmation."
 
Il vient de dépister Sofiane, 25 ans, qui sort de ce moment "un peu stressant" le sourire aux lèvres. "Ca fait un moment que je voulais le faire. C'est rapide, efficace, et c'est plus humain que dans un centre médical. Ca fait quoi ? Quarante-cinq minutes qu'on est ensemble ? J'ai été accompagné du début à la fin ! J'en suis satisfait. C'était vraiment bien."

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