Au CNAM, la démarche communautaire a désormais son diplôme

Formations

06 Février 2013

AIDES, Bruno Spire, l'inspectrice générale des affaires sociales Hélène Strohl la sociologue Anne Coppel étaient réunis au conservatoire national des arts et métiers (CNAM) mercredi 23 janvier à l'occasion d'une conférence sur la démarche communautaire et d'une remise des diplômes aux premiers candidats formés à cette spécialité en 2011-2012.

La lutte contre le sida a très vite été confrontée à la notion de communauté de par la spécificité des personnes touchées au début de l'épidémie : les homosexuels, les usagers de drogues et les travailleu-r-se-s du sexe. Si la réponse communautaire n'a pas été fortement appliquée dès le départ c'est notamment parce qu'en France, en particulier, le terme communautaire était tabou, un gros mot presque qui désigne pourtant l'ensemble des savoirs profanes développés par chacun pour se protéger du sida et du VIH. Pourtant, assez rapidement, les acteurs de la lutte contre le sida ont fait du communautaire sans l'appeler ainsi, parfois même sans le savoir ! Anne Coppel souligne d'ailleurs l'importance d'Act Up à la fin des années 80 dans cette prise de conscience de la pertinence de la démarche communautaire dans la lutte contre le sida.

 

La démarche communautaire telle que la pratique des organisations comme AIDES rassemble un certain nombre de principes d'action tels que : le "aller vers" les personnes  touchées, les plus concernées, le "faire avec" ces personnes avec l'idée de les impliquer et le "renforcement des capacités" de ces personnes à prendre soin d'elles. Bruno Spire y a ajouté "la volonté de transformation sociale" dont il indique pourtant que cette notion ne fait pas consensus.

Il s'agit donc d'une démarche qui, contrairement aux grands principes de la santé publique généraliste et centrée sur la pathologie, se base sur les compétences et les appétences, l'expérience et le vécu des personnes et prend en compte leurs spécificités que ce soit en terme culturel ou de style de vie, explique Hélène Strohl. Par conséquent la démarche communautaire s'inscrit dans le long terme et la logique préventive.

 

L'information se transmet par les pairs : des personnes qui connaissent ou ont connu des situations identiques. Hélène Strohl conclue alors que l'action est ainsi mieux adaptée aux besoins de chaque public, qu'elle est mieux reçue par les bénéficiaires. Le dialogue est ainsi facilité, les conseils plus facilement assimilés..Une des preuves les plus expemplaire de l'efficacité de cette démarche a été la réduction de 80% des morts par overdoses chez les consommateurs de drogues à la fin des années 90, rappelle Anne Coppel.

 

 

Pourtant, aujourd'hui encore, la démarche communautaire peine à trouver sa place et à être reconnue. En effet, les pouvoirs publics exigent de plus en plus des résultats rapides, concrets et quantifiables là où une approche communautaire a besoin de temps et d'innovation, constate Bruno Spire. Le contexte légal en France freine également le déploiement d'actions communautaires pour lesquelles il est nécessaire de passer par de longues phases de recherche afin d'en faire valider le concept et la pertinence. Enfin, la valorisation des acteurs en santé communautaire est aussi très difficile de part la culture du diplôme omniprésente dans notre société... C'est une des raisons majeures qui a poussé AIDES et le CNAM à créer des diplômes en santé communautaire en septembre 2011. Les tous récents diplômés témoignent : ces formations sont accessibles à des niveaux d'études très différents et elles permettent de compléter un parcours professionnel associatif, éducatif, sanitaire, social ou autre, par une spécialité de plus en plus reconnue !

  

TEXTE : FABIEN B. / PHOTOS : FLORIAN B.

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